Depuis une exploitation en Corrèze, le Modef a tenu une conférence le 30 avril 2021, pour réclamer une réorientation des aides de la Pac. « La Pac actuelle est un échec complet », dénonce Pierre Thomas, président du Modef national, citant la faiblesse des revenus agricoles et la baisse du nombre d’agriculteurs. Alors que les arbitrages français devraient être annoncés prochainement, le syndicat envisage de se mobiliser pour faire entendre sa voix.

Encourager et conforter l’installation

« 270 000 agriculteurs pourraient partir dans les cinq prochaines années et les candidats n’auront pas forcément le capital pour reprendre des grosses structures », estime Pierre Thomas. D’où sa demande d’une aide découplée forfaitaire de 5 000 euros par an pour les fermes de moins de vingt hectares. Le Modef demande aussi un doublement des aides à l’installation, de 2 % à 4 % du premier pilier.

Renforcer les paiements redistributifs

Pour conforter les petites et moyennes exploitations, le Modef demande que le paiement redistributif soit doublé, avec 20 % de l’enveloppe sur 52 hectares. Concernant les aides couplées, le syndicat demande le budget maximal, de 15 % du premier pilier. Il propose la création d’une aide couplée aux fruits et légumes, accessible dès 0,5 ha et plafonnée à 3 ha.

Sur l’aide à l’UGB, le Modef souhaite un montant de 200 €/UGB pour les cinquante premiers UGB, puis 90 €/UGB jusqu’à un plafond de 100 UGB, pour favoriser les petits élevages.

Pour des écorégimes ambitieux

Enfin, le Modef veut que 30 % du premier pilier soit réservé à des écorégimes ambitieux. La certification HVE, qui « ne va pas assez loin sur la réduction des phytos », ne doit pas être un artifice pour ne rien changer, met en garde Sophie Bezeau, directrice du Modef national.

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Sophie Bergot