« Estimant que le gouvernement mise uniquement sur les relations commerciales entre les différents maillons de la filière pour assurer des prix rémunérateurs aux agriculteurs, la Coordination rurale a décidé de boycotter la table des discussions. »

C’est avec ces mots, ouvrant un communiqué publié le 17 février en fin de journée, que la Coordination rurale a annoncé sa volonté de ne pas participer à un Comité de suivi des relations commerciales qui avait débuté le même jour aux alentours de 16h30.

Un politique jugée « accessoire »

« Les discussions évitent soigneusement d’aborder les vrais problèmes et écartent les propositions sérieuses… Chaque réunion agricole commence par un point sur la conjoncture, et ils voudraient nous faire croire que le problème vient de mésententes avec la grande distribution ? », s’agace Pascal Aubry, représentant de la Coordination rurale.

Le syndicat estime qu’en se « focalisant » sur les relations commerciales l’État et la FNSEA « occultent totalement la responsabilité du système de libre-échange international dans l’asservissement des agriculteurs français ».

Si la Coordination rurale concède que l’amélioration des relations entre les acteurs de la chaîne alimentaire est « indispensable », elle juge que « ce qui est présenté comme une politique phare n’est en réalité qu’accessoire ».

Une ambition « illusoire »

« L’ambition officielle claironnée de garantir des prix agricoles supérieurs à leur coût de production est incompatible avec la logique de la Pac, des accords OMC et du dogme européen de la concurrence libre et non faussée, argumente le syndicat dans son communiqué. Les agriculteurs disparaissent sous les coups d’une politique économique agricole soumise à la main invisible et stupide du marché. »

La Coordination rurale appelle dont à domestiquer cette politique « au service de l’humanité car, faut-il le rappeler, l’agriculture doit impérativement nourrir une population toujours croissante ».

Marie-Astrid Batut