Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, et Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture, ont réuni les transformateurs et les distributeurs le 2 février 2018 à Bercy. Un rendez-vous provoqué par Emmanuel Macron après ses vœux à l’Agriculture du 26 janvier 2018. Les ministres ont profité de ce « point d’étape » sur les négociations commerciales en cours pour rappeler à l’ordre les distributeurs. « Il y a un ordre public économique en France et il doit être respecté par tous, a lancé Bruno Le Maire. Il interdit les reventes à perte et le déréférencement des produits dans les rayons. »

Des poursuites en justice pourront être engagées

Cet avertissement s’inscrit dans la suite des enquêtes menées par les services de la répression des fraudes (DGCCRF). Elles ont révélé que l’interdiction de revente à perte n’a pas été respectée dans « certains cas de promotions agressives ». Celles-ci avaient notamment dans le collimateur la promotion sur le Nutella proposée par l’enseigne Intermarché. « La justice évaluera, sur la base des procès-verbaux qui seront transmis la semaine prochaine, si des poursuites seront à engager contre les distributeurs concernés », a précisé Bruno Le Maire.

Sur les négociations commerciales en tant que telles, Stéphane Travert a prévenu qu’il n’hésitera pas « à pratiquer le name and shame ou le name and fame, pour saluer les entreprises qui ont de bonnes pratiques, ou au contraire pour dire quelles sont celles qui ne respectent pas les règles ». Suffisant pour calmer les tensions ?

Les transformateurs ne joueraient pas le jeu

Pour Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et la distribution, ce sont les transformateurs qui ne joueraient pas le jeu des négociations. « Il y a très clairement un effet d’aubaine », selon lui. Certains transformateurs profiteraient des États-généraux de l’alimentation pour faire des passes des hausses qui « ne correspondent à aucune réalité, notamment sur les cours des matières premières ». Le délégué général a illustré ses propos en reprenant les négociations sur les pâtes où sont constatées « des augmentations de prix de l’ordre de 10 % alors que le cours du blé dur a baissé de 7 % ».

Il reste néanmoins optimiste pour les quatre dernières semaines de négociations. « Il faut laisser les négociateurs négocier. La plupart des gros contrats se signent généralement dans les derniers jours. » C’est également durant cette dernière ligne droite que se réunira un nouveau comité de suivi des relations commerciales. L’occasion pour le ministre de l’Agriculture de distribuer les bons et mauvais points aux distributeurs.

Alexis Marcotte