Jeunes Agriculteurs (JA) Pays de la Loire a annoncé, le mardi 2 mars 2021, le dépôt de trois plaintes symboliques pour manquements à la loi Alimentation (Egalim). Ces trois plaintes adressées au procureur de la République de Nantes, sont à vocation symbolique en cette période de clôture des négociations commerciales entre distributeurs et fournisseurs.

Les plaintes visent l’État, dix enseignes de la grande et moyenne distribution et trois groupements de transformateurs (Association nationale des industriels alimentaires, Coop de France et Culture Viande). Elles ont pour objectifs de dénoncer l’insuffisante prise en compte des coûts de production des matières premières dans la détermination des prix des produits agricoles.

Pas de ruissellement

« Les textes prévoient que les contrats conclus entre un producteur et son acheteur doivent prendre en compte les coûts de production. Mais ce n’est pas ce qui est constaté », a dénoncé à l’AFP Alexis Roptin, président de Jeunes Agriculteurs Pays de la Loire.

Le syndicat regrette également que l’ordonnance du 12 décembre 2018 relevant de 10 % le seuil de revente à perte pour les produits alimentaires n’ait pas profité aux agriculteurs. Ce texte, qui devait redonner de la valeur aux produits agricoles, n’aurait pas atteint ses objectifs.

« Les bénéfices supplémentaires de la grande distribution générés par ce relèvement auraient dû ruisseler jusqu’aux producteurs mais cela n’a pas été le cas », a encore regretté Alexis Roptin, soulignant que les filières de la viande bovine, de la volaille, du porc, du lait et des œufs « souffrent très fortement de l’augmentation des prix des céréales sur les marchés internationaux ».

> À lire aussi : Négociations commerciales, la loi Alimentation n’a pas profité aux producteurs (01/03/2021)

D’autres régions vont suivre

Jeunes Agriculteurs Nouvelle-Aquitaine a déjà effectué cette démarche et d’autres régions devraient suivre, selon une source de l’AFP.

D’après Gaétan Bodin, président de Jeunes Agriculteurs Nouvelle-Aquitaine, cette plainte « symbolique » visait à « dénoncer le non-respect de la loi Egalim » par les grandes enseignes de distribution, accusées de ne pas « respecter la loi ». « Nous souhaitons que les indicateurs de coût de production soient respectés. C’est un enjeu primordial pour la survie de toutes les filières agricoles qui vendent à perte », explique Gaétan Bodin.

AFP