« Les baisses sont de –2 à –8 %, c’est incroyable ! », s’est exclamé le patron de l’Ania sur France Info, jugeant que « vu la situation », notamment de l’agriculture française, « c’est inquiétant. On voit le lait qui a progressé de 30 %, les oranges de 50 % et en face des acheteurs qui disent : “Écoutez, nous, ce n’est pas notre problème, on veut le même prix que l’an passé” », a déploré Jean-Philippe Girard.

« L’inflation des promotions »

Le président de l’Ania a également dénoncé l’« inflation des [demandes de] promotions, c’est-à-dire des produits supplémentaires pour animer les rayons pendant toute l’année ». Les négociations, qui doivent aboutir à un accord pendant le Salon de l’agriculture, sont cette année encore « très tendues », selon Jean-Philippe Girard.

Les industriels sont « pris en tenaille entre l’agriculture et des matières premières en forte hausse et des acheteurs de la grande distribution qui demandent à la fois des déflations et des promotions supplémentaires, estime-t-il. Je suis à la tête de l’Ania depuis trois ans et demi et c’est à peu près à chaque fois la même chose […] chaque année, on vient et on perd des marges. »

Les acheteurs focalisés sur les prix

Jean-Philippe Girard a par ailleurs assuré que les professionnels du secteur prenaient leur part d’efforts. « Je voudrais surtout qu’on tienne compte de cette crise agricole, a-t-il assuré. Les acheteurs ne tiennent même plus compte de cette réalité économique » et ont « peut-être perdu les valeurs de la négociation », pour se focaliser sur le prix, au détriment du produit, de sa qualité.

AFP