L’État doit assumer de sortir le secteur de l’agroalimentaire des négociations commerciales annuelles et fixer des prix minimums. C’est ce qu’a déclaré Michel-Édouard Leclerc au micro de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV, ce 4 février 2021.

Le patron des magasins Leclerc estime que si l’État juge que les prix demandés par les distributeurs lors de ces négociations sont trop bas pour les industriels et les producteurs, il doit intervenir.

Si les prix sont trop bas, que l’État assume.Michel-Édouard Leclerc, répondant au questions de Jean-Jacques Bourdin sur BFM TV

« On ne veut pas se battre avec les industriels »

« Si le ministre [de l’Agriculture] trouve que les négociations ne se passent pas bien, que c’est compliqué pour les industriels, qu’il appelle le médiateur, qu’il décrète des prix minimums, qu’il sorte le secteur des jeux de la négociation », a martelé Michel-Edouard Leclerc.

« Nous Leclerc, mais j’en ai parlé à tous mes concurrents, on ne veut pas se battre avec les industriels. On veut promouvoir dans le plan de relance les produits français. Si les prix sont trop bas, que l’État assume. Il n’y a que lui qui peut fixer des prix minimums. »

Une intervention de l’État justifiée par la crise

Michel-Édouard Leclerc a fait la comparaison avec l’intervention de l’État sur le marché du travail : pour lui, c’est la même situation pour l’agroalimentaire. « C’est la loi qui nous oblige à nous entendre d’ici à la fin du mois de février. Mais vous avez bien vu que sur le marché du travail, l’État est intervenu avec le chômage partiel. »

L’État « intervient dans le fonctionnement du marché et bien là, c’est pareil. Les ministres [de l’Agriculture et de l’Économie] restent en responsabilité, qu’ils ne nous envoient pas à la fracture les uns les autres. Si des prix ne sont plus assez rémunérateurs, qu’ils décrètent des prix minimums. On est en situation de crise, c’est dramatique. »

Michel-Édouard Leclerc a indiqué que pour les magasins de sa marque, la moitié des accords pour 2021 sont déjà signés, et même jusqu’à 80 %, pour ceux conclus avec des PME.

Marie Salset