Dans son rapport quinquennal publié le 28 mars 2022, la MSA montre qu’entre 2010 et 2019, pour les salariés, les accidents du travail ont baissé de 17,3 %, les maladies professionnelles de 5,4 %. Dans le même temps, les accidents de trajet ont reculé de près de 23 %. Cette analyse concerne la catégorie « production agricole » (1).

Moins de cas mais plus de conséquences

Ces chiffres en nette progression montrent une réelle amélioration des conditions de sécurité au travail et de sécurité routière. En 10 ans, malgré ce recul en nombre, on constate une forte augmentation des coûts pour la MSA de ces sinistres : +21,9 % pour les accidents de travail et +56,3 % pour les maladies professionnelles. Cette progression est liée, entre autres, à une augmentation des temps d’arrêts de travail.

Des causes qui évoluent

Le nombre d’accidents du travail des salariés lié à des chocs traumatiques est en nette diminution entre 2010 et 2019 :

  • –43 % pour les corps étrangers ;
  • –30 % pour les lésions multiples ;
  • –23 % pour les lésions cutanées.

Cependant, de nouvelles pathologies sont en forte progression comme les chocs psychologiques (+113 %) et les lésions d’un organe interne (+119 %). La MSA note également une baisse du nombre d’accidents liés à des risques machine (–1,4 %), chimique (–2,3 %) et chute de hauteur (–17,8 %). Ceci montre là aussi une amélioration des conditions de sécurité des travailleurs sur les exploitations.

Des accidents de la route en mission minoritaires

Sur la période de 2016 à 2018, en moyenne sur un an, 790 accidents de la route concernant des salariés agricoles ont été répertoriés. 82 % d’entre eux l’ont été sur le trajet entre le domicile et le travail et seulement 18 % dans le cadre de leur mission.

Les TMS très présents dans les maladies professionnelles

97,2 % des maladies professionnelles des salariés sont dues à des troubles musculosquelettiques (TMS) et 0,8 % est dû à des cancers. Des TMS très présents dans les secteurs d’activités manuelles comme la viticulture (40,5 %) et les cultures spécialisées (26,2 %). Ils touchent deux fois plus de femmes que d’hommes et 62,3 % des 45-59 ans.

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Thomas Boulard

(1) La population mise en avant dans cet article regroupe tous les salariés travaillant dans les filières de la production agricole (ex : cultures, élevage) et non l’ensemble des salariés inscrits au régime agricole ce qui intégrerait tous les salariés sous le régime de la MSA.