Une unité de méthanisation située à Escrennes, dans le Loiret, qui se voulait exemplaire est aujourd’hui sanctionnée. Inaugurée en novembre 2018 par François de Rugy, alors ministre de la Transition écologique, la société BGB tombe sous le coup d’un deuxième arrêté préfectoral la concernant. Elle devra payer une astreinte de 100 € par jour tant que des interventions ne sont pas effectuées pour limiter les nuisances environnementales et sécuriser son installation.

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À partir du 1er juin

Cette sanction prend effet à partir du 1er juin et fait suite à un premier arrêté de mise en demeure daté du 27 août 2019. La société BGB appartient à 3 entreprises : la coopérative agricole Agropithiviers, la Sicap (Société d’intérêt collectif agricole pour l’électricité) et Engie Biogaz. L’unité est alimentée par des biodéchets de la coopérative et d’industries agroalimentaires locales, ainsi que du fumier équin provenant de la garde républicaine.

Un collectif de riverains

Les riverains dénoncent les nuisances générées par l’installation depuis un an et ils ont créé le collectif Bien vivre à Escrennes (BVE) l’été dernier. La préfecture avait alors relevé une dizaine de non-conformités allant d’une mauvaise gestion de la lagune des digestats à des fuites de fioul en passant par l’émission de poussières dans l’environnement.

La Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) du Centre-Val de Loire s’est rendue sur place pour une visite d’inspection le 4 décembre 2019. Elle a notifié à BGB des « émissions olfactives liées à la mauvaise captation des odeurs à la source, notamment dans le bâtiment d’entreposage des déchets entrants, mais aussi dans le bâtiment de séparation de phase en sortie du digesteur ». Les contrôles de nuisances sonores effectués lors de cette visite, ont mis en évidence un dépassement des seuils légaux.

Enfin, le contrôle des rejets atmosphériques sur la torchère a révélé « un dépassement de la valeur limite d’émission pour le paramètre CO2 ». Pour le collectif BVE, qui s’est exprimé dans une lettre à la préfecture, les problèmes ne sont « plus de l’ordre de l’incompétence mais d’un mépris ostensiblement affiché à l’égard du voisinage ».

Un nombre de croissant d’unités de méthanisation fait face à des frondes de riverains. De l’apaisement de ces tensions dépend l’acceptabilité d’une filière confrontée à un contexte difficile bien qu’en forte croissance.

Contactée par La France Agricole, la direction de la coopérative Agropithiviers n’a pas souhaité s’exprimer.

G. Baron