C’est un accord institutionnel, mais qui a son importance : il doit faciliter la coordination de terrain et la communication auprès et entre les équipes de GRDF et les agriculteurs. Les présidents de l’APCA, de la FNSEA et de GRDF en ont paraphé les pages au Salon international de l’agriculture. Les mêmes acteurs, avec GRTgaz et l’Association des agriculteurs méthaniseurs de France, avaient signifié leur engagement commun le 21 décembre 2017. Peu avant, la profession avait déjà signé cet accord de partenariat avec GRTgaz le 5 décembre 2017.

Réunions d’information et portes ouvertes

Concrètement, cet accord doit lancer une phase de communication sur la méthanisation auprès des agriculteurs. Deux réunions publiques d’information devraient d’abord être organisées dans l’ouest du pays. Puis d’autres devraient être organisées un peu partout dans le courant du second semestre de 2018, notamment dans les zones intermédiaires.

L’engagement est aussi financier du côté de GRDF, qui mobilise un budget pour la concrétisation de ces actions. Des portes ouvertes et des visites de fermes sont également prévues. « Il faut que les réseaux se connaissent, insiste-t-on aussi du côté de GRDF. L’objectif est d’échanger les informations locales. Pour aller plus loin, nous souhaitons aussi de futures actions de formations. »

Blocages au sein du groupe de travail national

Cette signature intervient alors que le secrétaire d’État à l’Écologie, Sébastien Lecornu, a convoqué une nouvelle réunion du groupe de travail national sur la méthanisation ce lundi 26 février sur le salon. Un signe pas forcément très positif selon Olivier Dauger, administrateur à la FNSEA. « Si le ministre relance le groupe, c’est que les sujets ne sont pas tranchés, précise-t-il. Il y a une envie, politiquement, c’est compris. Mais il y a des visions différentes. »

Par « visions différentes », il faut comprendre qu’il y a des blocages, notamment dans plusieurs administrations. Non seulement, la culture très « électrique » de la Direction générale de l’énergie et du climat semble butter sur l’orientation du mix énergétique chaleur-gaz-électricité-biocarburants du pays. Mais en plus, la culture très « sobre » de Bercy bute sur le coût des énergies renouvelables (ENR).

« Externalités positives »

Toutefois, le ministère de l’Économie semble reconnaître les impacts positifs de la méthanisation dans l’économie des territoires. « C’est en train d’être intégré. De notre côté, on veut des règles spécifiques car on a des externalités positives », insiste Olivier Dauger. Car selon le syndicat, il faut aussi mettre dans la balance les autres contributions : traitement des effluents fumiers, production de chaleur, création d’emplois…

Mais aux blocages administratifs s’ajoutent des blocages techniques. Le régulateur de l’énergie, la Commission de régulation de l’énergie (CRE), ne semble, par exemple, pas convaincu de l’intérêt de lisser sur l’année les excédents de production, plutôt que de les pénaliser chaque mois. Si, grâce aux accords de partenariats, les bonnes volontés pourront soutenir la dynamique de terrain, il n’est pas encore dit que les parties prenantes de la filière ne se mettent d’accord pour que des mesures ambitieuses soient prises. À moins que l’État mette la pression nécessaire ou qu’il passe en force. Réponses promises au plus tard le 26 mars.

Vincent Gobert