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Toujours plus de transactions, mais moins d’artificialisation

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Marchés fonciers - Toujours plus de transactions, mais moins d’artificialisation
Les terres agricoles occupées continuent d’être convoitées, notamment par les fermiers en place, tandis que la vente de terres libres est stable. © Cédric FAIMALI

L’observatoire annuel de la FNSafer dévoile l’activité des marchés fonciers pour l’année 2019. Les terres et prés ont fait l’objet d’un nombre de transactions inédit, alors que l’urbanisation des surfaces agricoles a atteint son plus bas niveau depuis 4 ans.

Les marchés fonciers ruraux ont été très dynamiques en 2019. C’est ce que révèle l’observatoire annuel de la fédération nationale des Safer (FNSafer), dont les conclusions ont été dévoilées ce jeudi 28 mai 2020.

424 100 hectares de terres et prés cédés

424 100 ha de terres agricoles et prés ont fait l’objet de transactions au cours de l’année, soit une hausse de 4,9 %, « même si on observe un recul dans certaines régions d’élevage », modère Loïc Jégouzo, ingénieur d’études à la FNSafer.

Le marché a été dynamique en 2019, à l’exception du marché de l’urbanisation. « 30 900 hectares de surfaces agricoles ont été urbanisés l’an dernier, c’est toujours trop, mais nous sommes sur une pente descendante, il s’agit du niveau le plus bas en quatre ans. »

Terres occupées : 4 760 € l’hectare en moyenne

Les surfaces agricoles occupées continuent d’être convoitées, avec 219 000 hectares cédés. « Beaucoup de ces parcelles sont achetées par le fermier en place qui souhaite souvent consolider l’assise de son exploitation », explique Loïc Jégouzo.

La moyenne nationale du prix des transactions s’établit à 4 760 euros l’hectare, soit une augmentation de 0,6 % par rapport à 2018, la plus faible depuis 1997, selon la Safer.

La Safer observe une augmentation des acquisitions par des particuliers (+ 57 %), qui peut s’expliquer par un rendement locatif brut de 2,71 %, ce qui reste supérieur à celui des placements garantis.

1,2 milliard d’euros de transfert de parts sociales

Le marché des terres libres a connu une deuxième année de stabilité, et des transactions au prix moyen de 6 000 euros l’hectare. « Cela s’explique par un équilibre entre la faiblesse des taux d’intérêt et les revenus agricoles en baisse », analyse Loïc Jégouzo.

Les personnes morales, que ce soit des sociétés de portage de foncier, type GFA ou SCI, ou des sociétés d’exploitations agricoles (EARL, SCEA, Gaec) représentent un nombre de plus en plus important des acquéreurs, avec 21 % des surfaces cédées, représentant 33,4 % de la valeur des transactions.

Des cessions qui échappent à la Safer

Ces sociétés agricoles, toujours plus nombreuses, font aussi l’objet d’un nombre important de cessions de parts sociales, évalué à 1,2 milliard d’euros. Selon l’observatoire, la Safer a eu connaissance de 7 280 transactions de parts sociales de 5 560 sociétés agricoles en 2019. La plupart étant des cessions partielles de parts dans lesquelles la FNSafer ne peut intervenir.

« Si beaucoup de ces cessions sont utiles à la vie des exploitations et permettent des installations progressives ou du portage de foncier, d’autres constituent des montages sociétaires qui contournent notre rôle », analyse Emmanuel Hyest, le président de la FNSafer. Il réclame par ailleurs une meilleure régulation du foncier et attend des avancées via une loi foncière ou une modification de la législation en vigueur.

Bertille Quantinet
La Safer alerte sur la situation des élevages français
© C. Faimali
© C. Faimali

Lors de sa conférence annuelle le 28 mai 2020, la FNSafer a souhaité mettre en lumière la situation des élevages français, dont le nombre diminue, au profit des exploitations céréalières. Selon elle, entre 1988 et 2016, la France a vu son nombre d’exploitations en bovins mixtes baisser de 68 %, de 76 % pour les bovins lait, et de 43 % pour les bovins viande.

L’organisme de contrôle craint une raréfaction des repreneurs et estime qu’il s’agit d’une menace pour les territoires ruraux, en termes d’emplois, d’équilibre agronomique et pour la biodiversité notamment. La FNSafer appelle à un accompagnement l’élevage, « pour la vitalité des territoires ».

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