Alors que les débats parlementaires budgétaires sont en cours, treize organisations (1), dont le Syndicat national de l’Enseignement Technique Agricole public, SNETAP, et la Confédération paysanne, ont lancé un appel à manifester le 20 octobre 2021.

L’objectif : échanger avec les préfets ou les Draaf (Direction régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt) et plaider pour une amélioration des conditions d’enseignement agricole public. Environ 250 personnes ont répondu présentes, reparties dans une dizaine de villes, dénombre Frédéric Chassagnette, cosecrétaire général du SNETAC, interrogé par la France Agricole.

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Des pertes de poste à combler

« On a perdu 190 postes ces trois dernières années, et seize suppressions supplémentaires sont attendues cette année », se désole Clémentine Mattei, également co secrétaire général du syndicat, interrogée par la France Agricole.

« L’enseignement agricole public doit être outillé pour faire face aux défis du renouvellement des générations et de la transition agroécologique. Mais force est de constater que les moyens qu’on nous donne ne sont pas à la hauteur de nos ambitions. On met en danger l’enseignement public agricole », résume-t-elle.

Une lueur d’espoir

« On a fait de la promotion à grand renfort de millions », rappelle Frédéric Chassagnette, faisant référence à la campagne de promotion des métiers du vivant lancée à l’été 2021. « On ne peut pas lancer une telle campagne et en même temps fragiliser l’enseignement agricole, public comme privé. La communication c’est bien, on en avait besoin, mais il faut aussi le contenu. »

« Actuellement on n’a pas de stratégie, aucune perspective sur les défis qui nous attendent. Pourtant, on est convaincu que ça va passer par la formation. Maintenant il faut remettre les moyens, définir un plan d’action et des priorités », défend-il.

« On n’attendait pas beaucoup de réponses ce jour, reconnaît-il. On voulait refaire passer ces éléments, qui avaient déjà été remontés au ministre, au niveau préfectoral. On a la faiblesse de penser que ça a un peu aidé, et que les parlementaires feront annuler les suppressions. Ça pourrait consolider des classes qui menacent de s’effondrer. »

Une autre action à venir

Cette mobilisation faisait suite à deux actions précédentes : l’une en juin, sur le site de l’école Hectare, lieu symbolique pour les organisations, l’autre fin septembre, où le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie avait été interpellé. « C’était au moment où il annonçait que « seuls » seize emplois seraient supprimés au lieu de 110. Oui c’est mieux, mais ce sont toujours des suppressions, ajoutées à un passif déjà lourd, lui avait-on fait remarquer », détaille Frédéric Chassagnette.

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Une dernière étape attend les organisations, début décembre : « On retournera sur le site d’Hectare avant d’organiser à la Défense un forum citoyen. On portera également quelques propositions dans le cadre des campagnes présidentielles. On n’est pas contre cette école, mais leur discours, faisant mine d’ignorer qu’il y a un appareil de formation d’enseignement agricole, nous a ulcérés », explique-t-il.

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Raphaëlle Borget

(1) Snetap (Syndicat national de l’Enseignement Technique Agricole public), CGT Agri, Sud Rural Territoires, FCPE, Confédération paysanne, SEA UNSA, Fadear, CGT Fnaf, CDDEAP, Ingénieurs sans frontières Agri, Snuitam, FO enseignement agricole.