Dans la continuité des deux actions syndicales conduites le 8 octobre 2019 pour la première, et le 22 octobre pour la seconde, la FNSEA et JA se mobiliseront le 27 novembre « pour demander aux distributeurs et industriels de permettre le retour à un revenu décent pour les agriculteurs, et à l’État de transformer ses promesses en actes concrets : pas de distorsions supplémentaires », indiquent les deux syndicats.

La ceinture de Paris bloquée

« L’heure est au ras-le-bol ! », indiquent la FDSEA et JA Île-de-France et la FNSEA Grand Bassin parisien en annonçant que 1 000 tracteurs allaient converger vers Paris dans le cadre de cette mobilisation nationale.

« Plus de 1 000 tracteurs venus des Régions Hauts-de-France, Normandie, Île-de-France, Grand Est, Centre-Val de Loire et Bourgogne-Franche-Comté se donnent rendez-vous à Paris. Ils seront dès 6 heures du matin aux portes de la capitale », sur les autoroutes « A1, A4, A5, A6, A10, A11, A13, A14, A15 » et sur les nationales « N1, N2, N12, N20 », précisent-ils.

Pour le reste de la France, « les formes d’actions varieront en fonction des territoires et des productions », selon la FNSEA, mais le « ras-le-bol » est, quant à lui, général. Il s’agit d’ailleurs de la troisième mobilisation du genre cet automne.

Point de rassemblement des tracteurs. © FNSEA du Grand Bassin Parisien

Dénigrements de la profession

Lors de la dernière journée d’action, le 22 octobre, les agriculteurs s’étaient rassemblés devant les préfectures de la France entière, interpellant le chef de l’État par les mots : « Macron, réponds-nous ! »

Le président l’avait fait depuis Mayotte où il était en déplacement, déclarant qu’il jugeait « inacceptables » les attaques contre les agriculteurs. Ils ne sont pourtant pas « satisfaits » : « S’il y a un frémissement, ces avancées ne trouvent pas de matérialisation concrète dans les exploitations », assurent-ils.

Les problématiques en question

Au malaise paysan causé par l’augmentation des intrusions dans les élevages de militants antispécistes et les polémiques croissantes sur l’utilisation de produits phytosanitaires aux abords des maisons s’ajoutent, pour beaucoup d’agriculteurs, la problématique de revenus en berne.

Les agriculteurs du Bassin parisien énumèrent ainsi les raisons de leur mécontentement : « Traités de libre-échange, mesures réglementaires franco-françaises qui plombent la performance des exploitations, les importations distorsives, loi EGAlim qui n’est pas appliquée dans son intégralité. »

« Au lieu d’investir son énergie à créer de nouvelles distorsions (accords commerciaux internationaux, zone de non-traitement, taxes nouvelles), l’État devrait s’employer à faire respecter la loi EGAlim pour sécuriser véritablement le revenu des agriculteurs », plaident ces derniers.

R.H., avec l’AFP