Aller vite. Parer aux situations d’urgence. Proposer un cadre percutant applicable dès la rentrée 2018. Tel était le credo de l’équipe Macron lors des États-généraux de l’alimentation (EGA), puis en présentant le projet de loi alimentation, en janvier dernier. C’était sans compter les atermoiements parlementaires.

Commission mixte paritaire à la mi-juillet

Dans le monde idéal présenté depuis l’été dernier par le gouvernement, la procédure accélérée imposée pour ce texte prévoyait une seule lecture à l’Assemblée nationale et au Sénat, avec la réunion d’une commission mixte paritaire dans la foulée pour régler les éventuels différends, afin que la loi sorte à temps pour les prochaines négociations commerciales, cet automne. Dur retour à la réalité : au regard de la volonté des sénateurs de « recadrer » le texte adopté par les députés le 30 mai, un compromis entre les deux chambres devient plus qu’improbable.

Le Sénat doit se prononcer le 28 juin prochain. La Commission mixte paritaire est prévue à la mi-juillet. En cas d’échec, le texte reviendra devant les deux chambres, via leurs commissions. Or il se murmure à l’Assemblée nationale que la réforme de l’apprentissage pourrait prendre le pas sur le projet de loi portant sur l’alimentation en juillet. Selon nos sources, la nouvelle lecture en séances serait reportée à la semaine du 3 septembre 2018, retardant dangereusement le vote du texte et, par conséquent, sa mise en application.

Après les critiques émises de part et d’autre sur les mesures projetées, un tel scénario affaiblirait encore davantage la portée d’un texte pourtant promis comme révolutionnaire. Ce serait un nouveau coup dur pour le monde agricole, qui n’en peut plus d’attendre.

Alain Cardinaux