Le gouvernement doit annoncer le vendredi 7 mai 2021 une extension du marché de gros de Rungis dans le triangle de Gonesse (Val-d’Oise), 37 kilomètres plus au nord de Rungis, a appris l’AFP le mercredi 5 mai de sources locales et parlementaires, pour relancer l’emploi et pallier l’abandon du mégacomplexe Europacity, au nord de Paris.

« Le Premier ministre se déplace le vendredi 7 mai 2021 dans le Val-d’Oise en vue d’une annonce. C’est un projet porteur d’espoir pour l’emploi », annonce une élue. Proche de l’aéroport de Roissy, le triangle de Gonesse est une question sensible pour le territoire où la défense des zones agricoles continue de mobiliser des centaines de défenseurs de l’environnement. Une Zad (« zone à défendre ») avait été installée dix-sept jours en février 2021, avant l’expulsion de ses militants.

> À lire aussi : Europacity, tensions et convoitises autour de 280 hectares de terres agricoles (18/01/2021)

Un projet tourné vers le territoire

Mais le projet d’annexe de Rungis serait « tourné vers les producteurs locaux, les circuits courts de l’Oise et du Vexin », et « il y a un intérêt écologique, en évitant des contournements routiers », depuis Rungis (Val-de-Marne), en banlieue sud, veut rassurer un parlementaire.

Un briefing entre des élus et Matignon devait avoir lieu mercredi soir pour préparer les annonces gouvernementales, dans le cadre plus large d’un plan pour le Val-d’Oise.

Dans son rapport remis au Premier ministre en décembre 2020 et dont l’AFP a eu connaissance, le préfet du Val-d’Oise, Amaury de Saint-Quentin, avait évoqué l’option d’installer une extension du marché de Rungis, proche de la saturation, dans le triangle de Gonesse, un endroit stratégique dans le nord de l’Île-de-France, bordé par l’autoroute A1 et à proximité de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.

Le projet, porté par la société gestionnaire de Rungis Semmaris, représenterait « un investissement de 600 millions d’euros » avec un potentiel de « 2 000 à 5 000 emplois », selon ce rapport. Il doit s’étendre sur « un terrain de 50 à 100 hectares », ajoute ce document.

L’abandon d’Europacity

Depuis l’abandon par Emmanuel Macron, en novembre 2019, du mégacomplexe commercial et de loisirs Europacity, les élus locaux exigent des compensations pour renforcer l’attractivité de ce département francilien qui compte environ 123 000 personnes pauvres.

> À lire aussi : Foncier, Macron enterre Europacity (08/11/2019)

L’annonce de l’installation d’une extension de Rungis dans le triangle de Gonesse signerait le feu vert à l’urbanisation d’une partie de ces terres agricoles étendues sur 700 hectares dont 280, au sud, nourrissent depuis longtemps l’appétit des pouvoirs publics. Cette enclave triangulaire est en outre inhabitable, car survolée par les avions du Bourget et surtout de Roissy, premier aéroport européen.

> À lire aussi : Europacity Pas de ski sur les terres agricoles franciliennes (12/12/2016)

Un cheval de Troie de l’artificialisation ?

Les opposants à l’artificialisation de ces terres, rassemblés sous la bannière du Collectif pour le triangle de Gonesse (CPTG), fustigent au contraire des projets à rebours de l’urgence climatique, soutenant un projet agricole et horticole alternatif, basé sur les circuits courts. Ils dénoncent la réalisation de la gare du triangle de Gonesse, étape de la ligne 17 du Grand Paris Express qui doit relier Saint-Denis à Roissy en 2030, y voyant un cheval de Troie d’une urbanisation plus large.

> À lire aussi : Artificialisation, 65 900 hectares de terres agricoles disparaissent tous les ans (20/04/2021)

AFP