Les Sages ont jugé que l’accord de libre-échange, approuvé le 15 février par le Parlement européen, ne nécessitait « pas de révision de la Constitution », dans leur décision datant du 31 juillet 2017. Le Conseil constitutionnel avait été saisi en février par « plus de soixante députés » de la question de savoir si cet accord, consistant à créer un marché élargi pour les marchandises et les services, comportait une clause contraire à la Constitution.

Souveraineté nationale et principe de précaution

La saisine portait sur quatre motifs : les « conditions essentielles d’exercice de la souveraineté nationale », le « principe d’indépendance et d’impartialité des juges », le « principe d’égalité devant la loi » et « le non-respect du principe de précaution ».

L’accord de 1 600 pages négocié pendant sept ans doit, selon Bruxelles, supprimer plus de 99 % des droits de douane avec Ottawa, et faire progresser de 25 % le commerce de l’Union européenne (UE) avec le Canada. Le texte sera appliqué « provisoirement » à partir du 21 septembre en attendant une pleine entrée en vigueur une fois que tous les Parlements des pays membres l’auront voté.

FNH déplore cette décision

La Fondation pour la nature et l’homme (ex-fondation Nicolas Hulot) a déploré dans un tweet la décision du Conseil constitutionnel qui « sacrifie la démocratie, les citoyens, l’environnement sur l’autel des intérêts commerciaux ». Le Conseil constitutionnel souligne que l’accord autorise « les parties à prendre des mesures économiquement efficaces visant à prévenir la dégradation de l’environnement en cas de risque de dommages graves ou irréversibles ».

En France, le gouvernement a nommé au début de juillet un groupe d’experts chargé de remettre au début de septembre un rapport destiné à évaluer l’impact du traité de libre-échange sur l’environnement et la santé.

AFP