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Le Ceta divise les États membres

Libre-échange
 - Le Ceta divise les États membres
© Wikimedia Commons

Face aux 27 autres membres de l’Union européenne, Emmanuel Macron défendra une politique commerciale plus cohérente et protectrice. Un positionnement qui fait grincer des dents à Bruxelles.

Emmanuel Macron plaidera, ce jeudi 19 octobre 2017, en faveur d’une politique commerciale européenne plus cohérente et protectrice, auprès des chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne. Le débat pourrait être animé, selon des sources européennes, certains dirigeants considérant la vision du Français sur le commerce comme trop protectionniste.

« Dès que l’on parle de politique commerciale, deux camps se dessinent automatiquement » parmi les États membres, relève une source européenne. Au nord de l’Union, les défenseurs du libre-échange, appuyés par la Commission européenne ; au sud, les tenants d’une politique commerciale désormais plus protectrice, la France en tête. « Je n’aime pas l’approche de principe selon laquelle nous devrions ralentir les négociations de libre-échange, déclare le Premier ministre suédois Stefan Löfven. Ce n’est pas notre position. Nous avons besoin d’accords commerciaux. »

D’autres négociations à venir

Le Président s’inquiète de voir la Commission, compétente au nom des 28 en matière commerciale, « se précipiter » dans la négociation de certains accords de libre-échange au mépris d’une opposition populaire grandissante. L’inquiétude de Paris est d’autant plus grande que l’UE a accéléré son agenda commercial au cours des derniers mois, en particulier avec des pays susceptibles de concurrencer son agriculture.

Bruxelles a ainsi relancé les discussions avec le Mexique, mais aussi le Mercosur, avec qui elle est prête à faire des concessions sur le bœuf et l’éthanol dans l’espoir d’élargir les débouchés pour ses automobiles. La Commission a parallèlement annoncé l’ouverture prochaine de discussions avec deux autres pays où l’agriculture joue un rôle majeur : l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Bruxelles seule aux manettes

S’ajoute à cela une jurisprudence récente de la justice européenne qui semble laisser la possibilité à Bruxelles de conclure seule, c’est-à-dire sans ratification des Parlements nationaux, ses futurs traités commerciaux. Une brèche dans laquelle est prête à s’engouffrer la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, pour éviter que les accords de l’UE ne rencontrent les mêmes difficultés que le Ceta.

Cecilia Malmström entend aussi tirer profit de la défiance du président américain Donald Trump envers les traités de libre-échange pour multiplier les accords. Entre la Suédoise, qui veut accélérer, et Emmanuel Macron, le pied sur la pédale de frein, le président de la Commission Jean-Claude Juncker tente de jouer les médiateurs. « Je ne voudrais pas que nos concitoyens considèrent tout accord commercial comme un attentat contre nos principaux intérêts », disait-il le 16 octobre.

Hélène Chaligne, avec l’AFP
Des députés français prêts à voter contre le Ceta

« Moi j’ai des inquiétudes réelles » sur le Ceta, a déclaré le député de LREM, Matthieu Orphelin, sur RMC, ce 19 octobre 2017. L’exécutif doit dévoiler prochainement un « plan d’action » sur l’application du Ceta, après la remise d’un rapport d’experts. Matthieu Orphelin regrette le « manque d’ambition » environnementale du traité.

Ratifié en février par le Parlement européen, le Ceta doit encore être adopté par les parlements nationaux. Mais il est entré en vigueur de façon provisoire le 21 septembre. Pourrait-il voter contre ? « Moi très clairement oui », a-t-il répondu, « si le gouvernement ne prenait pas un plan à la hauteur des enjeux. C’est de la politique-fiction », a-t-il précisé aussitôt, affirmant se placer « dans l’option plus positive » où le gouvernement va mettre en place un tel plan.

Dix-huit députés de LREM, dont Matthieu Orphelin, ont adressé mercredi au Premier ministre Édouard Philippe une trentaine de propositions d’encadrement de l’application du Ceta, notamment des mesures concernant l’importation de viande. « J’attends sereinement » l’annonce du plan, a-t-il poursuivi. « Après on aura quelques mois pour qu’il soit mis en œuvre et au moment de la ratification, du vote à l’Assemblée nationale, on verra si le plan a été suivi d’effet. »

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