Cet accord entre le Canada, le Mexique et les États-Unis, vieux de 23 ans, va être sérieusement amendé sous l’insistance du président Donald Trump de protéger davantage les emplois américains qui, selon lui, ont été délocalisés principalement au Mexique. Dans ces négociations, il faut « éviter de faire de “ l’autre ” un bouc émissaire », a affirmé Chrystia Freeland, lundi à Ottawa.

Un avertissement aux États-Unis

Pour la ministre canadienne, la version modernisée de l’accord devra s’assurer « qu’aucun pays membre de l’Alena ne puisse réduire la protection de l’environnement en vue d’attirer les investissements » et que tous « appuient pleinement les efforts pour s’attaquer aux changements climatiques ».

Un avertissement direct adressé aux Américains. Début juin, Donald Trump a annoncé le retrait des États-Unis de l’accord de Paris sur le climat conclu fin 2015. Cet accord vise à limiter le réchauffement planétaire à moins de deux degrés Celsius par une réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Les idées « progressistes » du Ceta en modèle

Pour les négociations, le Canada veut, selon Chrystia Freeland, s’inspirer des idées « progressistes », notamment en matière d’environnement, du Ceta, l’accord signé avec l’Union européenne. « Nous allons peut-être vivre des moments dramatiques », a averti la ministre en faisant référence à sa propre expérience lors des négociations du Ceta qui avait bien failli capoter au tout dernier moment.

Le Canada se rend à Washington pour des discussions avec ses partenaires américains et mexicains, avec une attitude constructive mais ferme, a précisé Chrystia Freeland en estimant que « la politesse et la force ne sont pas contradictoires ». Le Canada veut aussi inclure la protection des travailleurs, l’égalité des sexes, les droits des autochtones et un meilleur processus de règlement des différends entre investisseurs et États dans la nouvelle version de l’Alena.

AFP