« Après trente années de dérégulation néolibérale, il y a besoin d’un retour de la démocratie et d’un retour de la puissance publique dans les négociations économiques internationales », a affirmé Matthias Fekl, interrogé sur France Inter après la signature dimanche du traité de libre-échange (Ceta) entre l’UE et le Canada.

Refonder la politique commerciale de l’UE

Revenant sur l’opposition du gouvernement de la Wallonie (Région du sud de la Belgique), qui a retardé cette signature, le secrétaire d’État français a appelé à une « refondation » de la politique commerciale européenne afin « de mettre les parlements au début du processus » et qu’ils ne soient pas « mis devant le fait accompli à la fin ».

« Ce que l’Europe donne, elle doit le recevoir en échange. Pendant trop longtemps, elle a appliqué naïvement des dogmes néolibéraux », a-t-il affirmé, plaidant pour « le retour de la puissance publique, le retour des règles de la mondialisation. Je rêve d’une Europe qui s’affirme sur la scène internationale, qui fasse entendre sa voix, qui participe à la définition de règles élevées. »

Soutien au Ceta

Au passage, Matthias Fekl a taclé « le social libéralisme » de Tony Blair, ancien Premier ministre britannique, et Gerhard Schroeder, l’ex-chancelier allemand qui plaidaient, selon lui, pour « un accompagnement du marché ». À ses yeux, le combat de la gauche, « ce n’est pas la résignation et l’accompagnement du libéralisme ».

« Il faut revenir à ce qu’est la social-démocratie à la base. Il y a besoin d’inventer la puissance publique de demain. » Le secrétaire d’État n’en a pas moins défendu la signature du Ceta. « C’est la première fois que nous réussissons au niveau mondial à nous attaquer au scandale démocratique qu’est l’arbitrage privé et de le remplacer par des règles et par de la démocratie », a-t-il affirmé.

Il a toutefois réitéré son opposition au traité négocié actuellement entre l’UE et les États-Unis, le TTIP ou Tafta. Il a en particulier dénoncé le « mépris de l’agriculture française » dans les négociations.

AFP