Les militants de la Confédération paysanne et des organisations environnementales Attac et Les Amis de la Terre ont « démoli » le ministère de l’Agriculture ce 11 octobre 2016, en vue de son transfert au ministère de l’Industrie. Une action symbolique organisée pour dénoncer les « effets dévastateurs » du Ceta sur l’agriculture, l’accord de libre-échange entre l’UE (Union européenne) et le Canada.

Signature le 27 octobre prochain

Alors que les négociateurs abandonnent l’idée d’un compromis en 2016 sur le TTIP, l’accord avec les États-Unis, le Ceta devrait être signé le 27 octobre 2016, puis ratifié par le Parlement européen. Il devrait alors s’appliquer provisoirement, avant même la ratification par les parlements nationaux. « Cette application provisoire dès cet hiver entraînerait une accélération sans précédent de l’industrialisation de l’agriculture européenne », dénoncent la Confédération paysanne, les Amis de la Terre et Attac.

Pour ces trois organisations, « les élevages de bovins et porcins, déjà extrêmement fragilisés, seront mis en concurrence avec des dizaines de milliers de tonnes de viande issues de fermes usines qui entreront sur les marchés sans droits de douane ». Elles craignent aussi « un développement massif des cultures et importations d’OGM, dont le Canada est le troisième producteur mondial ».

« Des pans entiers de notre agriculture » sacrifiés

« Les mécanismes de coopération réglementaire et de protection des investissements permettraient, par exemple, de s’opposer à toute volonté publique de réduction ou d’interdiction de l’utilisation de certains pesticides, contrairement à ce qui a été prévu pour les néonicotinoïdes dans la loi relative à la biodiversité », assurent-elles. Les trois organisations estiment qu’accepter cet accord « sacrifierait notre souveraineté démocratique et des pans entiers de notre agriculture ».

Arielle Delest