Les clichés ont la dent dure, peut-être un peu plus en agriculture. Attendues le plus souvent dans le maraîchage ou les élevages des petits animaux, les agricultrices sont en réalité, surtout présentes, au regard de leur poids démographique, dans les filières du cheval (élevage, centres équestres et d’entraînement) et dans les élevages de gros animaux, principalement ceux de porcs et de volailles (œufs ou chair), révèlent les statistiques de 2019 de la Mutualité sociale agricole, présentées le 2 mars 2021 lors d’une conférence de presse.

On les retrouve « moyennement présentes » en polyculture-élevage, en grandes cultures et en élevages laitiers. Elles sont en revanche sous-représentées dans les élevages de bovins allaitants, ainsi qu’en arboriculture et maraîchage.

Leur nombre stagne depuis dix ans

Alors qu’en 2020, 27 % des agriculteurs sont des agricultrices, ce qui correspond à 126 500 femmes, leur nombre stagne depuis dix ans. « Ce qui est particulier est qu’au moment de l’installation, le poids des femmes est plutôt du tiers. Elles représentent environ 33 % des installés. Ce qui témoigne probablement d’un turnover important, avec un plus grand nombre de femmes qui arrêtent à proportion, que d’hommes », explique Marc Parmentier, chef du département des statistiques de la MSA.

Un peu moins de 17 % des exploitations agricoles sont dirigées uniquement par des femmes. Elles participent aussi à la gestion d’entreprise mixte, avec leur conjoint, leur frère et parents, principalement dans des Gaec. Au total, environ 30 % des exploitations sont ainsi dirigées par des femmes en France.

Les inégalités de salaire et de retraite persistent

374 000 femmes sont employées dans la production agricole et pèsent pour 35 % des salariés du secteur. Elle représente aussi 36 % des contrats de travail saisonnier, surtout en viticulture, cultures spécialisées, arboriculture, maraîchage et polyculture-élevage. « Elles sont moins bien traitées en matière de contrat de travail, poursuit Marc Parmentier, avec en CDD, des contrats plus courts que ceux des hommes, d’environ 13 % de jours. En CDI, on les retrouve surtout avec des emplois à temps partiel et avec des rémunérations inférieures de 5 % à celles des hommes. »

734 000 de femmes du régime agricole sont retraitées, elles représentent 56 % des retraités du régime des non-salariés agricoles. 284 000 sont d’anciennes cheffes d’exploitation, 248 000 n’ont eu pendant leur vie active que le statut de collaboratrice d’exploitation ou de conjointe d’exploitation (pour l’ancien statut) et 111 000 ont eu le statut que d’aide familiale. En moyenne, pour les non-salariées agricoles, les pensions des femmes sont inférieures de 13 % à celles de leurs homologues masculins. Ce chiffre est porté à 17 % pour les femmes salariées.

Maternité : des indemnités journalières existent

1 100 femmes ont pris un congé de maternité en 2019. Depuis deux ans, elles peuvent par ailleurs bénéficier, quand elles ne souhaitent pas se faire remplacer, d’indemnités journalières forfaitaires. Mais cette option a été très peu utilisée, puisque seules trente-huit exploitantes y ont eu recours.

Rosanne Aries