Le concept de la marque « C’est qui le patron ?! », né en France en 2016, est aujourd’hui présent dans neuf pays de trois continents, notamment en Italie depuis fin juin. Quelque 120 000 paquets de pâtes ont déjà été vendus au 31 juillet 2020.

1,07 € le paquet de 500 g

3 500 consommateurs ont voté pour choisir les premiers produits phares de la marque : des penne, spaghetti et fusilli, bref sans surprise, des pâtes ! Les prochains sélectionnés seront du lait UHT en fin d’année, puis des œufs, une sauce tomate et de l’huile d’olive en 2021.

« Selon les pays, les produits correspondent au régime alimentaire de base », explique Enzo Di Rosa, fondateur de la marque en Italie. En France, le lait était sorti en premier, puis le beurre, la farine, le chocolat, les sardines, les yaourts, la compote, etc. Ensuite, les votants ont choisi l’emballage, le cahier des charges et le prix de vente, soit 1,07 € pour un paquet de 500 g, garanti pendant trois ans.

Les pâtes, produites à base de blé dur exclusivement italien, dans des moules en bronze, sont séchées à basse température. Autant de critères auxquels sont sensibles les consommateurs de la Péninsule. L’emballage est recyclable, en carton issu de forêts certifiées FSC. Le moulin et fabricant choisi, Sgambaro, est l’un des plus importants du pays, « parce qu’il possède une unité de production qui n’utilise que de l’énergie verte et qu’il compense son empreinte carbone en finançant des plantations », tient à préciser Enzo. Carrefour, qui vend déjà les produits de cette marque dans ses rayons français, espagnols et belges, est pour l’instant la seule chaîne de grande distribution à commercialiser ces pâtes dans 450 magasins.

Un prix d’achat garanti trois ans

Francesco Lisi, agriculteur, espère que la marque sera plus lisible pour les consommateurs que la réglementation concernant l’étiquetage des pâtes, qui exige d’indiquer la provenance du blé. Pour maintenir une production de blé dur en Italie, il faut que le consommateur comprenne que « fabriqué en Italie » ne signifie pas fabriqué avec du blé italien, mais peut-être français, canadien…

À la tête d’une exploitation de 300 ha partiellement certifiée bio, il cultive à Cerignola, dans les Pouilles, une centaine d’hectares de blé dur. Fournisseur depuis quatre ans de Sgambaro, il a été approché pour participer à cette filière. « J’ai engagé 70 % de ma surface mais, l’an prochain, j’y consacrerai 100 % », déclare Francesco. En juin, son rendement s’élevait à 35 q/ha pour la variété Marco Aurelio, « en irrigant », précise-t-il. Afin de répondre au cahier des charges, il a augmenté ses frais de fertilisation et de semence de 30 %. En contrepartie, durant trois ans, le moulin lui achète à prix fixe son blé 400 €/t, au lieu des 300 € du marché. Un procédé en apparence neutre. Toutefois, « c’est pour m’extraire de la fluctuation des cours. Le prix étant garanti, je peux gérer plus sereinement mon assolement », explique-t-il.

Nadia Savin
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