L’annonce du conseil régional est tombée le 20 février : l’État aurait prévu de diminuer d’un tiers sa contribution au financement du PCAE de la Région Bretagne. Soit 5,5 millions d’euros en moins versés par l’État. Et autant de crédits européens qui, de ce fait, ne seront pas utilisés sur cette mesure : au total, ce sont donc 11,5 millions d’euros de perdus pour le PCAE, calcule l’UGPVB, aussitôt montée au créneau. « Si le gouvernement confirme cette décision, ce seront plus de 400 dossiers d’éleveuses et d’éleveurs bretons qui seront condamnés par ce dispositif. »

La raison ? L’UGPVB redoute que les crédits prélevés du PCAE soient réorientés vers le grand plan national d’investissement de 5 milliards d’euros annoncé par le président de la République. Elle demande à l’État des garanties pour « être certain que ce grand plan de 5 milliards ne sera pas au final un énième recyclage de fonds ».

Besoin d’investir pour monter en gamme

Cette baisse du cofinancement national du PCAE a aussi ému la FRSEA et JA qui rappellent, dans un communiqué du 23 février, que la réforme de la Pac s’est déjà faite au détriment des agriculteurs bretons. La montée en gamme prônée par le président Macron « nécessite de lourds investissements qui doivent être accompagnés. Et c’est justement le PCAE, qui vient d’être amoindri d’un tiers de ses moyennes, qui devait le permettre », relèvent les syndicats, qui soupçonnent que cette ponction serve à « combler le trou budgétaire de l’ICHN ».

Des inquiétudes presque apaisées

« Nous avons eu des inquiétudes, qui sont d’ailleurs parties de la Région Bretagne, car les crédits attribués aux Draaf pour le cofinancement national du PCAE étaient presque inférieurs de moitié à ce qu’ils étaient les années précédentes », nous confirme Jean-Pierre Raynaud, président de la commission de l’agriculture des Régions de France.

« Mais en comité État-Région le 20 février, le ministère nous a indiqué que ces crédits correspondent seulement au premier semestre. » En théorie, le solde sur l’année devrait être identique… Mais les Régions restent vigilantes. Et comme l’écrivait La Fontaine dans une fable : « Un tiens, se dit-on, vaut mieux que deux tu l’auras, L’un est sûr, l’autre ne l’est pas. »

Bérengère Lafeuille