Alors que la cellule Demeter, lancée le 13 décembre 2019 par le ministère de l’Intérieur, vise à « identifier et poursuivre » les auteurs d’intrusions ou d’agressions chez des agriculteurs, les associations Pollinis et Générations futures réclament sa suppression.

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« De simples actions symboliques de dénigrement du milieu agricole »

Dans un communiqué commun daté du 14 avril 2020, les deux organisations, défendues par l’avocate Corinne Lepage, annoncent avoir déposé un recours en justice devant le tribunal administratif de Paris.

Elles estiment en effet que ce « dispositif de surveillance » « aux contours dangereusement flous » fait « pression » sur les associations dénonçant les « dérives des pratiques agricoles du modèle conventionnel ».

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Selon elles, la cellule nationale viserait des « « actions de nature idéologique », y compris « de simples actions symboliques de dénigrement du milieu agricole » qui relèvent de la liberté de penser et d’expression », dénoncent-elles. « Le terme “agribashing” permet à l’industrie d’éviter toute remise en cause de ses pratiques, notamment l’augmentation chaque année de l’utilisation de pesticides dangereux pour la santé des riverains », complète François Veillerette, directeur de Générations futures.

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Les deux associations dénoncent également l’atteinte au secret de l’instruction et des enquêtes, « la rupture d’égalité entre les syndicats agricoles représentatifs et la délégation grave des missions de police administrative à des acteurs privés ».

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Des enquêtes mieux coordonnées, selon l’Intérieur

Le ministère de l’Intérieur rappelle que la cellule permet « d’améliorer [la] coopération avec le monde agricole et de recueillir des renseignements », « de mieux connaître les groupes extrémistes à l’origine des atteintes et de pouvoir anticiper et prévenir leurs actions ». Elle permet aussi « de pouvoir gagner en efficacité par des actions et des enquêtes mieux coordonnées ».

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Rosanne Aries