Angélique élève avec son mari une soixantaine de chèvres laitières, à Ossun, dans les Hautes-Pyrénées. Installée depuis sept ans, elle transforme leur lait en fromages qu’elle vend en direct sur sa ferme, les marchés ou dans les magasins de producteurs. Et malgré les longues journées, Angélique veut et aime aussi prendre le temps de transmettre et d’échanger sur son métier.

« Des jeunes viennent souvent nous rencontrer pour qu’on leur explique ce qu’on fait, détaille Angélique. Certains ont envie de s’installer, d’autres veulent simplement de comprendre, découvrir nos productions »… Et faire s’envoler les a priori.

Angélique a tout naturellement accepté de faire partie de la dizaine d’éleveurs-correspondants du nouveau site collaboratif Devenir-eleveur.com lancée le 27 février 2017 par la CNE (1). Elle et son mari partagent leur quotidien en ligne. Les contrôles laitiers, la mise en place d’une clôture, le recours à un salarié sont autant de sujets que l’on peut désormais retrouver sur le site.

Une installation pour trois départs

L’idée de la plateforme en ligne est née en 2014 : la CNE, qui rassemble les organisations professionnelles nationales de l’élevage de ruminants à lait et viande, cherche alors une solution pour endiguer la baisse du nombre d’éleveurs. Car si 4 200 jeunes choisissent chaque année de le devenir, ça n’est pas suffisant pour renouveler les générations.

« Le taux de remplacement des départs est à peine supérieur à une installation pour trois départs. Et la moyenne d’âge des éleveurs est d’environ 50 ans », explique Sandie Boudet, chef de projet à l’Institut de l’élevage. La complexité du parcours et les difficultés d’accès au foncier et à des capitaux freinent le plus souvent les installations, d’autant plus lorsque la personne n’est pas issue d’une famille d’agriculteurs. D’où la volonté de la CNE de mettre en place une équipe destinée à réfléchir sur l’« attractivité du métier ».

Pour les exploitants et les salariés

Et de leurs réflexions est né le site qui concrètement vise à faire connaître le métier de l’élevage et ses filières, à améliorer son image, à faciliter le parcours à l’installation ou l’emploi, et montrer que des solutions existent pour bien vivre du métier (par des alternatives aux conditions de travail souvent difficiles, la formation continue, des conseils sur le salariat, sur le service de remplacement, la marche à suivre pour accueillir des stagiaires…).

Le site s’adresse aussi bien à des exploitants qu’à des salariés ou encore des visiteurs qui souhaitent découvrir le métier, la diversité des parcours, des systèmes, des pratiques… Il met en avant aussi bien des élevages de bovins à lait et viande, de caprins ou d’ovins. Le site est très fourni, avec des conseils de spécialistes, des témoignages et la possibilité d’organiser des web conférences. Et pour parler de son métier, la CNE met en plus à disposition de tous les éleveurs des vidéos, des guides et des plaquettes.

Rosanne Aries

(1) La CNE est entourée de très nombreux partenaires sur ce projet : le Cniel, Interbev, Anicap, l’Institut de l’élevage-Idele, Jeunes Agriculteurs, les chambres d’agriculture, FNB, FNPL, la Fédération nationale ovine, la Fédération nationale des éleveurs de chèvres, Coop de France, l’Anefa (Association nationale pour l’emploi et la formation en agriculture), RMT travail en élevage.