Le ministère de l’Agriculture annonçait le 9 avril 2020 avoir « donné une réponse pragmatique à certaines difficultés rencontrées par la profession quant à la réalisation de formations obligatoires à l’exercice de leur activité ».

Trois instructions ont ainsi mis à l’arrêt les sessions de formation jusqu’à la levée de l’interdiction de l’accueil du public par les organismes de formation, les certificats Certiphyto et les certificats de compétence pour la protection des animaux arrivés en fin de validité sont prolongés de deux mois supplémentaires et les actions de professionnalisation prescrites dans le cadre des PPP (plans de professionnalisation personnalisés) ont été suspendues. Cette dernière décision s’attire les foudres de la Confédération paysanne.

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Des difficultés supplémentaires

Parmi les actions préconisées dans les PPP figurent les stages en exploitation. Ceux-ci sont donc interrompus immédiatement et au minimum jusqu’à la fin de l’état d’urgence sanitaire. Une situation qui risque de générer « des problèmes d’organisations majeurs sur les fermes qui avaient déjà pris le soin d’adapter le travail en présentiel des stagiaires, précise le syndicat. Cela perturbe inutilement le processus de formation de ces futurs installés ».

Un double discours

« Cette décision n’est pas motivée par une préoccupation de protection des personnes », pointe du doigt le syndicat. En effet, le ministère précise qu’« en attendant, ces stagiaires sont invités à proposer leurs services aux entreprises agricoles dans lesquelles ils devaient réaliser leur stage, et d’y travailler, couverts par un contrat de travail ». Or « la substitution du stage par un contrat de travail n’accroît en rien la protection des personnes », fustige le syndicat.

A. Gambarini