Lors de son congrès de Tours, la FNSEA a rendu public sa lettre du 16 mars 2018, adressée à l’Autorité de la concurrence. Le syndicat y dénonce « le déséquilibre entre l’amont et l’aval dans la filière alimentaire » et les « comportements nocifs » constatés du côté des distributeurs.

« Je vous demande d’enquêter sur les pratiques de la grande distribution, sur d’éventuels échanges d’informations stratégiques entre les centrales d’achat, en France comme au niveau européen, pour les produits qui sont du ressort des centrales communes, comme pour les autres », écrit Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, dans ce courrier.

Concentrations

Elle y regrette par ailleurs que le projet de loi issu des États-généraux de l’alimentation (EGA) ne s’intéresse pas au sujet des concentrations des centrales d’achat de la grande distribution. « Les députés puis les sénateurs doivent se saisir de cette problématique, sans quoi les EGA et la loi en découlant auront manqué de résoudre une partie du problème de notre filière, insiste Christiane Lambert. Quelles sont les propositions de l’Autorité de la concurrence en la matière ? »

Et de rappeler que cette dernière a, par le passé, sanctionné « très sévèrement » des producteurs coupables de démarches jugées anticoncurrentielles. « Les agriculteurs ne peuvent plus supporter d’être suspectés en permanence d’entente alors qu’il semble, au contraire, que tout soit permis pour le maillon le plus fort ».

Alain Cardinaux