« Je ne crois pas au miracle du ruissellement spontané dans la poche des agriculteurs », assène le président d’Intermarché, Thierry Cotillard, dans une interview accordée au quotidien Les Échos du vendredi 23 novembre. Avant de nuancer : « Je crois plutôt qu’il est possible de travailler à un monde meilleur. Je ne dis pas que cela sera facile. Mais l’agriculture française est plutôt bien structurée pour faire face à cette évolution de la demande. »

Les prix du bio vont baisser

Car le patron d’Intermarché note que le rapport à l’alimentation des Français change. En particulier, il observe « une incroyable progression de produits bio ou régionaux mieux valorisés. Le consommateur arbitre et, pour certains, l’élément prix, jusqu’à présent véritable élément différenciant, ne joue plus autant qu’auparavant ».

Pour preuve, l’offre proposée en produits de premier prix recule dans les Intermarché, où le segment bio est par contre en croissance de 28 % sur un an. Et pour pousser plus loin sa stratégie de « rendre l’inaccessible accessible », le distributeur annonce qu’« une bonne partie des baisses de prix, concentrées jusque-là sur des promotions, vont être de plus en plus allouées au bio. »

Redistribuer la création de valeur

Car même s’il estime qu’« être simplement le moins cher ne peut plus faire office de stratégie de croissance », Intermarché « continuera, bien sûr, à faire de la promo et à répondre aux attentes sur le prix des consommateurs », indique son président. « Notre métier de discounter, Intermarché l’assume ! Mais à nous de régler le curseur de façon respectueuse pour l’ensemble de notre écosystème. »

Et de préciser : « C’est en tout cas notre engagement : acheter plus cher les produits à forte composante agricole, mais en organisant le « ruissellement. » […] Si les prix augmentent modestement pour des produits de grande consommation, nous devons avoir l’assurance que les industriels redistribuent dans les faits cette création de valeur aux producteurs. Intermarché traitera mieux les industriels transformateurs qui prendront des engagements en ce sens. »

B.L.