Après un comité de suivi des négociations commerciales marqué par une forte tension le 23 février 2022, plusieurs fédérations ont communiqué pour faire part de leur inquiétude et de leur vigilance.

« Une année de destruction de la valeur »

Parmi les premières à réagir, l’ANIA (l’Association nationale des industriels alimentaires) estime que « malgré un investissement fort du gouvernement et des services de la DGCCRF, la loi EGAlim 2 n’est pas appliquée ni dans la lettre (l’intégralité des hausses des prix des matières premières agricoles n’est pas encore prise en compte) et ni dans son esprit (les hausses sur les autres coûts — emballages, énergie, transports, etc. — sont ignorées, niant ainsi une évidence économique pourtant évidente pour tous) ».

Alors que les négociations commerciales doivent se terminer le premier mars, l’ANIA espère que la situation s’inversera. « Si, comme nous le craignons, le 1er mars nous devions acter une année de destruction de valeur (malgré le contexte exceptionnel) qui ferait suite à huit années de déflation, alors nous alertons quant au risque d’asphyxie d’une filière, au risque de défaillance d’entreprises », a-t-elle ajouté dans un communiqué du 23 février 2022.

Le compte n’y est pas pour les producteurs

Du côté des fédérations représentants des producteurs, le Syndicat national des labels avicoles de France (Synalaf) constate dans un communiqué que si une partie des hausses de charges ont été prises en compte par les acheteurs, « les âpres discussions n’ont pas permis d’obtenir les revalorisations argumentées demandées ». Le Synalaf les exhorte à accepter les hausses demandées.

Il estime que pour le consommateur, « cette majoration équivaudrait à un surcoût solidaire » de 0,70 €  par poulet Label Rouge et bio, 0,12 € par boîte de 6 œufs Label Rouge et 0,30 € par boîte de 6 œufs bio.

« Les éleveurs de chèvres sont eux aussi impactés par cette hausse des charges, évaluée à plus de 7 %, soit 60 €/1000 L » décrit quant à elle la Fédération nationale des éleveurs de chèvres. Elle a annoncé dans un communiqué avoir adressé « un courrier à chaque enseigne de la grande distribution faisant part du prix objectif de 840 €/1000 L nécessaire pour dégager un revenu suffisant ». La Fédération « attend maintenant que la hausse du prix du lait soit à la hauteur des besoins et des enjeux de la production dès le mois de mars ».

La Fédération nationale des producteurs de lait souhaite aussi que « les transformateurs dès le mois de mars revalorisent le prix payé aux producteurs laitiers qui font face à une hausse

des charges sans précédent ». La FNPL a annoncé avoir développé un outil de mesure de la conformité du prix du lait payé aux éleveurs. « Nous publierons régulièrement ce « prix conforme » à la loi, entreprise par entreprise correspondant à la rémunération due aux éleveurs ! ».

Alexis Marcotte