Le confinement mis en place depuis le 17 mars 2020 bouscule la consommation et les commandes de la grande distribution. « Le beurre, la farine et les œufs affichent encore, pour la troisième semaine de confinement, des taux de commandes jusqu’à deux fois plus élevés qu’en période normale », constate La Coopération agricole (ex-Coop de France) dans plusieurs enquêtes réalisées auprès de ses coopératives adhérentes et diffusées le 9 avril 2020.

« Après les deux premières semaines au cours desquelles les commandes de poulet et de dinde, fruits et légumes et autres produits frais (charcuterie, traiteur…) ont affiché des hausses de 20 à 30 %, celles-ci ralentissent en troisième semaine avec une progression de l’ordre de 10 %. Quant à la filière porcine, la demande est stable », ajoute l’organisation.

Les commandes de viande de bœuf retombent

Pour la viande de bœuf, l’heure est plutôt aux montagnes russes. « Après des surcommandes en viande hachée surgelée lors des deux premières semaines de confinement, les commandes se sont effondrées de près de 25 % au cours de la troisième semaine. Cette tendance est accentuée par la fermeture des rayons traditionnels dans de nombreux magasins, explique l’organisation », précise La Coopération agricole

« Les petites filières des volailles (canards, pintades, pigeons), les filières du veau et de l'agneau, notamment, n’ont constaté aucune hausse de commandes, voire ont eu des baisses dans certains cas. Pour sa part, la filière viticole perd 50 % de commandes en moyenne pour les boissons alcoolisées (vins, champagnes…) dans les grandes et moyennes surfaces, par rapport à la même période l’année dernière », poursuit-elle.

La principale victime de la crise sanitaire reste l’horticulture. « Les filières de la distribution spécialisée sont fermées, alors que les coopératives horticoles réalisent près de 80 % de leur chiffre d’affaires annuel entre le 15 mars 2020 et le 15 mai 2020 », souligne La Coopération agricole.

« Les prix de vente n’ont pas augmenté »

Si le confinement a eu un impact direct sur les livraisons des coopératives auprès de la grande distribution, il n’aurait pas d’incidences sur les prix.

« Durant ces premières semaines, les prix de vente des produits coopératifs n’ont pas augmenté auprès des enseignes de la grande distribution. Pour la plupart des produits, les prix sont d’ailleurs fixés pour un an dans le cadre des négociations commerciales annuelles » , précise La Coopération agricole.

« Pour les fruits et légumes, dont les prix à l’achat sont fixés tous les jours ou toutes les semaines, ils varient en fonction de l’offre et de la demande, insiste-t-elle. La perception d’un prix plus élevé par le consommateur sur certains fruits et légumes s’explique notamment par une réorientation de l’approvisionnement des distributeurs vers des produits d’origine France dont les coûts de production sont plus élevés. »

Alexis Marcotte