Depuis plusieurs mois, Maxime Puche, éleveur laitier à Vénérolles, dans l’Aisne, veut attirer l’attention sur les dégâts de sangliers qu’il subit sur son exploitation. En novembre 2019, il a envoyé au préfet quarante-cinq lettres d’agriculteurs expliquant la situation sur leurs exploitations. Au début de juin, il a également écrit à la sous-préfète de Vervins pour l’alerter sur le sujet. Faute de réponse, il décide aujourd’hui de porter plainte contre l’Office français de la biodiversité (OFB) pour « détérioration et intrusion dans une propriété cultivée ».

« Je suis obligé de faire le banquier, explique Maxime Puche, interrogé par La France Agricole ce 29 juin 2020. Les dégâts que je subis sur le maïs seront indemnisés mais en attendant je dois en acheter pour nourrir mes bêtes. L’indemnisation ne sera pas encore versée, je vais devoir assumer une avance de trésorerie. En 2014, j’ai touché 200 € d’indemnisation [NDLR : de la fédération départementale des chasseurs]. En 2020, je devrais toucher environ 8 000 €, il est temps d’agir. »

« Au bout d’un moment, il faut que ça s’arrête »

Les sangliers n’épargnent pas ses prairies non plus. « Le sol est labouré et l’herbe perd en qualité. Cela impacte le lait de mes vaches. Il y a une augmentation des spores butyriques et le prix de vente diminue. Ce sont des pertes qui ne sont pas indemnisées », assure Maxime Puche.

Maxime Puche essaye de comprendre pourquoi les sangliers viennent plus sur ses parcelles, que de l’autre côté de la forêt, malgré l’installation d’une clôture électrique par la société de chasse locale en bordure de ses champs. « Les coupes à blanc réalisées dans la forêt domaniale le long de mes cultures les poussent peut-être plus à sortir. Des ronciers se sont formés et les sangliers peuvent s’y reposer la journée. Quand la nuit tombe, ils viennent directement dans mes champs. »

Maxime Puche espère enfin être entendu et demande aux autorités qu’une battue administrative soit organisée. Il souhaiterait aussi que sa demande de tir de nuit par un lieutenant de louveterie soit acceptée. Pour l’heure, celle-ci a été refusée par la préfecture.

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Suzie Terrier