Invité à une conférence d’Euronext sur le thème « Europe agricole en crise, la Bourse est-elle une solution ? » à Paris le 17 janvier 2017, Xavier Beulin, a voulu redorer l’image de l’agriculture aux yeux de la centaine de banquiers et d’investisseurs présents dans la salle. En tant que président de la FNSEA et d’Avril, il a rappelé la force des secteurs agricole et agroalimentaire avec leur excédent commercial de 9 à 12 milliards d’euros, en moyenne, ces sept dernières années.

C’est-à-dire un poids lourd aussi important que l’aéronautique et le luxe, avec 75 % de la valeur nette exportée créée sur le territoire. Euronext, premier opérateur boursier sur les marchés de la zone euro, pourrait s’intéresser aux acteurs du négoce agricole pour « appréhender les bons dispositifs », a proposé Xavier Beulin. Sa crainte est de laisser les marchés agricoles européens aux seules mains de la place boursière de Chicago.

Quatre amortisseurs aux fluctuations de revenus

Au niveau national, le patron de la FNSEA a refait des propositions pour lutter contre « le déficit de compétitivité majeur », qu’il impute aux coûts sociaux (l’heure travaillée coûte 5 € plus cher qu’en Allemagne), aux normes et à l’éternelle difficulté pour répercuter les coûts à l’aval de la filière.

Xavier Beulin encourage les filières, en particulier l’élevage, à constituer des fonds interprofessionnels pour amortir les fluctuations des prix. Ainsi que l’utilisation des marchés à terme sur de nouvelles matières premières agricoles, pour une gestion collective du risque, par les coopératives et les négociants, propose le président.

Sur un plan fiscal, il demande une énième révision de la DPA (dotation pour aléas) et de l’épargne défiscalisée. Avec Bercy, le syndicat majoritaire travaille à l’imposition d’un revenu calculé sur trois ans glissants (et non pas sur un seul exercice comme actuellement) en guise d’amortisseur supplémentaire des fortes fluctuations des prix et aléas climatiques.

Sophie Bergot