Dans un communiqué de presse en date du 27 octobre 2020, la Confédération paysanne fait part de son mécontentement vis-à-vis de la position adoptée par les parlementaires européens quant à la future politique agricole commune (Pac). Elle considère le vote du 23 octobre comme une « occasion ratée ». Le syndicat estime que les députés ne sont pas allés assez loin. « Après le piètre accord du Conseil européen, la majorité des eurodéputés n’a pas eu le courage politique de tourner le dos aux lobbys de l’agroalimentaire, défenseurs d’un statu quo ripoliné en vert ».

« La sacralisation des DPB »

La Confédération paysanne regrette la répartition des aides, retenue par Strasbourg, et qui ne tient pas compte de l’actif agricole. « Le Parlement européen a sacralisé le budget du paiement de base (DPB), cette aide allouée à la surface. Pire, il limite le montant du paiement redistributif à 65 % de la valeur du DPB. De quoi empêcher toute redistribution », s’insurge le syndicat.

Régulation des marchés

Les mesures qui concernent la transition agroécologique ne sont pas non plus au rendez-vous, selon le syndicat, qui pointe du doigt l’omniprésence de l’agriculture de précision « comme la solution à la crise environnementale et climatique ». La Confédération paysanne souligne aussi la place prépondérante accordée aux assurances privées et aux instruments de stabilisation de revenu. Si le syndicat minoritaire reconnaît que des améliorations ont été obtenues sur le texte de régulation des marchés, il estime « qu’on est encore loin d’une régulation des marchés et d’une maîtrise des productions pour assurer des prix justes et stables aux paysannes ».

Bertille Quantinet