Évoquant des « péripéties juridiques », le maire (PS) de cette commune du Val-d’Oise, Jean-Pierre Blazy, a immédiatement annoncé son intention de faire appel de cette décision qui porte un nouveau coup à la création de ce parc géant de commerces et de loisirs sur 80 hectares.

« Une erreur d’appréciation » du conseil municipal

Le tribunal explique, dans un communiqué, avoir notamment estimé que le conseil municipal, qui avait approuvé le PLU le 25 septembre 2017, avait « commis une erreur manifeste d’appréciation en classant en zone à urbaniser 248 hectares de terres agricoles ».

« Cette urbanisation concerne des terres particulièrement fertiles, alors que les bénéfices escomptés, notamment en termes de créations d’emploi, invoqués par la commune de Gonesse, ne sont pas établis », poursuit le tribunal.

Le tribunal avait été saisi par des opposants au projet Europacity, dont des associations de défense de l’environnement mais aussi des commerçants tels que ceux du centre commercial voisin Aéroville, exploité par le géant mondial Unibail-Rodamco-Westfield (URW).

Des opposants qui maintiennent la pression

Les opposants se sont réjouis de cette nouvelle, annonçant un nouveau rassemblement les 18 et 19 mai prochains sur le triangle de Gonesse. « Le rejet d’EuropaCity est donc général et l’annulation du PLU apporte une raison supplémentaire d’espérer », affirmen le collectif CTPG.

« Mais la bataille n’est pas gagnée, poursuit-il dans son communiqué, appelant « tous ses soutiens à amplifier la mobilisation contre EuropaCity, projet inutile et climaticide. Il reste six mois avant le début du chantier de la gare pour obtenir la décision politique qui s’impose. »

EuropaCity, tant espace commercial (230 000 m²) que culturel (50 000 m²) et parc de loisirs (150 000 m²), doit s’implanter sur 80 hectares du « triangle de Gonesse », des terres agricoles coincées entre les aéroports de Roissy, du Bourget, l’autoroute A1 et la D317.

3,1 milliards d’euros

Depuis des années, le projet à 3,1 milliards d’euros porté par Ceetrus, filiale immobilière du groupe Auchan et le conglomérat chinois Wanda oscille entre revers et feux verts. Les promoteurs espéraient ouvrir en 2024 au moment où Paris accueillera les Jeux olympiques.

Dans sa décision, le tribunal administratif a aussi considéré que la commune de Gonesse aurait dû présenter une « alternative sérieuse à un projet de nature à affecter considérablement l’environnement local et régional ».

En faisant approuver le PLU, le maire avait passé outre l’avis défavorable rendu par le commissaire-enquêteur à l’issue de l’enquête publique. Ce dernier estimait le projet « peu compatible avec la notion de développement durable ».

AFP