« Stop à la spéculation foncière et à la financiarisation de l’agriculture. » Dans un communiqué daté du 16 janvier 2017, l’association Terre de liens sort de sa réserve pour apporter son soutien aux Safer, à la suite de la censure, le 8 décembre 2016, des amendements « Safer » dans la loi Sapin 2 par le Conseil constitutionnel. « Nous ne nous expliquons pas ce qui a pu pousser des parlementaires à attaquer ces dispositions ».

L’intérêt général passe avant le droit de propriété

« Certaines voix s’élèvent pour dire que l’extension du droit de préemption de la Safer serait une atteinte insupportable au droit de propriété », poursuit Terre de liens, mais en tant que propriétaire bailleur, « nous rappelons que notre droit de propriété ne saurait prévaloir sur l’intérêt général ». L’association, qui vient en soutien aux porteurs de projets agroécologiques, estime que l’intérêt général doit en effet l’emporter sur « l’avidité particulière ».

« Nous prouvons tous les jours qu’un investissement financier solidaire est possible pour le foncier agricole » et qu’il est par ailleurs « compatible avec une régulation du marché foncier. Nous démontrons ainsi que faire de la terre un bien commun est un objectif réalisable ».

Soutien aux deux propositions de loi foncières

Terre de liens se réjouit par ailleurs que le député socialiste Dominique Potier et le sénateur des Républicains Daniel Grémillet aient repris les dispositions retoquées, dans deux propositions de loi qui seront examinées à partir du 18 janvier pour l’une et le début de février pour l’autre. « Nous appelons le gouvernement et les parlementaires français à continuer leurs travaux, afin de maintenir les terres agricoles, pour une agriculture agroécologique et paysanne ».

Depuis 2003, Terre de liens a acquis 127 fermes et soutenu 200 porteurs de projets bio.

Rosanne Aries