« Je ne peux pas accepter qu’une machine à broyer les commerces de proximité soit mise en place aux portes de nos centres-villes », déclare sur la place du marché le maire d’Aulnay-sous-Bois, Bruno Beschizza (LR), devant une trentaine de résidents et commerçants, rassemblés à l’initiative du collectif « Europas du tout », regroupant trois fédérations professionnelles opposées au projet.

« On a déjà largement l’offre et la demande en place »

« On a vraiment l’impression qu’on veut taper sur les commerces de proximité », explique le traiteur Maxime Ondel, qui a repris l’affaire familiale de quatre générations à Aulnay. « On a déjà souffert de l’influence des nouveaux centres commerciaux. On a déjà largement l’offre et la demande en place ici et dans les villages voisins. »

Maria Da Silva, porte-parole du collectif « Europas du tout » décrie « la contradiction flagrante » entre les « milliards d’euros que l’État investit » dans le cadre du programme national « action cœur de ville », visant à dynamiser les centres, et dont Gonesse fait partie, et « son soutien à ce tsunami qui va détruire les 73 marchés de notre département. Pour nous c’est pas possible, c’est même pas cohérent. »

« Europacity en ferait une friche »

Les commerçants de proximité ne sont pas les seuls à s’inquiéter face à la perspective de l’ouverture des 500 boutiques que promet le futur mégacomplexe. « Il y a des emplacements vacants à O’Parinor », souligne Florent Druelle, directeur de ce centre commercial qui regroupe 210 boutiques, un supermarché et un cinéma, à Aulnay. « Europacity en ferait une friche ».

Jean-Pierre Blazy, maire (PS) de Gonesse (Val-d’Oise) où doit s’implanter Europacity, soutient quant à lui le projet. Le Premier ministre Édouard Philippe « a envoyé un courrier en juillet pour confirmer l’intérêt du gouvernement dans le projet, tout en demandant de le reconfigurer pour mieux tenir compte des enjeux environnementaux », avait indiqué Matignon.

Ceetrus (ex-Immochan), foncière du géant de la distribution Auchan, et le conglomérat chinois Wanda, avec un budget de 3,1 milliards d’euros, espèrent créer 10 000 emplois et attirer 31 millions de visiteurs (gratuits et payants) par an.

AFP