Ne nous trompons pas : les propriétaires ruraux ne sont pas contre la protection de l’environnement, insiste Patrice Joseph, président de la section nationale des propriétaires ruraux (SNPR) de la FNSEA. En revanche, ils s’inquiètent des conséquences de nouvelles contraintes environnementales sur le foncier.

Car les propriétaires, majoritairement anciens exploitants, ont à cœur la mission nourricière de l’agriculture : « Il sera difficile de concilier les objectifs environnementaux avec la compétitivité et la souveraineté alimentaire », estime le président des bailleurs.

Pour lui, pas d’hésitation : « L’environnement vient après l’alimentation. Les consommateurs devraient aussi s’inquiéter car produire plus vert sera plus cher », a-t-il asséné le 20 mai 2022 à Paris, lors d’une présentation à la presse du soixante-quinzième congrès de la SNPR, les 2 et 3 juin 2022 à Autrans (Isère).

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(06/07/2021)

Éviter que la terre perde de la valeur

Outre le souci de production, les propriétaires ruraux voudraient aussi garder la main sur ce qui se passe sur leurs terres. C’est-à-dire que le fermier, comme il est d’ailleurs censé le faire pour tout changement de destination du foncier, obtienne leur accord en cas d’installation pérenne sur les terres.

Comme une installation de haies, d’agroforesterie, de panneaux solaires au sol ou d’une unité de méthanisation. Être informé évitera des mauvaises surprises à la sortie du bailleur, sous réserve qu’un état des lieux d’entrée ait été fait (ce qui est insuffisamment le cas, regrettent-ils).

Enfin et surtout, les propriétaires ne veulent pas que leurs terres perdent de la valeur : « Nous ne voulons pas que les contraintes environnementales entraînent une dégradation du fond ni une dépréciation financière », insiste Jean Barreau, secrétaire général de la section syndicale.

Bref, il faudra trouver un arrangement qui bénéficie autant aux propriétaires qu’aux exploitants, résument-ils. Ce sera au menu d’une journée de réflexion en assemblée générale le 3 juin 2022.

Baisser la fiscalité pour attirer les investisseurs

La SNPR espère que la grande loi foncière promise lors du dernier quinquennat d’Emmanuel Macron se concrétise rapidement, dès la première année du second mandat présidentiel. Ils en attendent notamment deux avancées : la signature d’un nouveau bail à chaque nouveau preneur (pour éviter les transmissions familiales des baux) et un allègement de la fiscalité pour rendre le fermage plus attractif et intéresser les investisseurs.

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Sophie Bergot