Ce sont des terres qui disparaissent et qui ne reverront pas la pousse d’une culture. Depuis les années soixante-dix, la superficie de terres bâties pour du logement en région Paca a été multipliée par trois selon la Safer régionale, soit près de 140 000 hectares aujourd’hui. Au Salon international de l’agriculture, la Safer Paca a tenu une conférence de presse le 26 février pour communiquer sur l’ampleur du phénomène.

« Les propriétaires laissent les terres à l’abandon »

Si les surfaces artificialisées ont progressé, celles des friches aussi. « 20 % de la surface agricole utile est en friche, a estimé Patrice Brun, président de la Safer Paca. Elles sont surtout présentes dans les zones périurbaines où des propriétaires laissent de très bonnes terres à l’abandon. Ils espèrent qu’elles deviennent des terrains à bâtir dont l’évaluation se situe entre 10 et 20 € le mètre carré. »

Pour pouvoir plus facilement les identifier, la Safer a créé une application destinée à associer les usagers des espaces ruraux à ce repérage. L’appli « Open Friches Map » permet ainsi aux agriculteurs, salariés agricoles, promeneurs ou cyclistes de « taguer » une friche et d’alimenter ainsi la basse de données cartographiée tenue par la Safer Paca. Les données recueillies sont communiquées aux agriculteurs locaux pour qu’ils puissent désigner les parcelles les plus intéressantes à réhabiliter dans le cadre des opérations de mise en valeur de terres incultes (MVTI). Cette procédure permet d’obliger le propriétaire à exploiter ou à louer les terres non exploitées depuis plus de trois ans à la demande de toute personne physique ou morale. Le préfet a ensuite le pouvoir et la liberté d’y donner suite.

« La forêt a gagné 500 000 ha en 40 ans »

La Safer Paca dénonçant aussi le grignotage des terres agricoles par les espaces boisés. « La forêt a gagné 500 000 hectares en 40 ans », détaillait Patrice Brun. Pour lui, il est « aberrant que des terrains anciennement agricoles et reconquis par la forêt ne puissent être défrichés qu’à la condition du paiement d’une taxe qui peut aller de 2 000 à 15 000 € par hectare. » Pour contrer le problème, la Safer Paca propose d’exonérer de cette taxe les terrains dont elle pouvait démontrer la mise en valeur jusqu’aux années cinquante et qui ne se retrouvent pas dans des zones protégées au titre de la biodiversité.

Alexis Marcotte