À Étoile-sur-Rhône, Thibaud Faure et son père cultivent choux et céréales sur 60 hectares. Depuis le mois d’octobre, ils bénéficient également d’une convention de mise à disposition pour exploiter 6 ha supplémentaires, situés dans la zone d’activité.

« Ces terres étaient en friche depuis que la commune les avait achetées pour des aménagements fonciers », explique Thibaud qui les a semées en blé. Une mise en culture rendue possible grâce au partenariat mis en place entre la Safer et l’agglomération Valence Romans Agglo (VRA), en charge de l’aménagement foncier de cette zone.

Valoriser ses surfaces temporairement inexploitées

« La loi d’avenir agricole, votée en octobre 2014, a renforcé le rôle de la Safer. En plus de ses missions traditionnelles, elle est également un outil au service des collectivités territoriales. C’est ainsi que l’agglomération s’est rapprochée de nous pour valoriser ses surfaces temporairement inexploitées », explique Marc Fauriel, président du comité technique en charge de la Drôme de la Safer Rhône-Alpes.

Le travail a débuté par un état des lieux des parcelles concernées. « Nous avons ensuite proposé des solutions pour sécuriser juridiquement les contractualisations possibles, à la fois pour la collectivité et pour l’agriculteur intéressé », poursuit-il. Aujourd’hui, près de 21 hectares de friches ont retrouvé un usage agricole à Étoile-sur-Rhône, rejoignant ainsi 220 ha situés sur le territoire de la VRA et déjà gérés par la Safer.

Un moyen de minimiser les coûts d’entretien

« Tout le monde y trouve son compte », commente le responsable. Pour la collectivité, c’est un moyen de minimiser les coûts d’entretien des terrains. Thibaud avance d’autres arguments : « Cela me permet de sécuriser mes revenus. Dans notre secteur, la pression foncière est énorme. Il est difficile de trouver des terres disponibles. »

Thibaud sait qu’au terme de son contrat d’un an renouvelable, l’agglomération peut lui demander d’arrêter d’exploiter, mais « cette mise à disposition, aussi précaire soit-elle, m’est d’une aide précieuse pour conforter mon installation », affirme-t-il. Dans la Drôme, 389 hectares sont gérés par la Safer pour le compte de plusieurs collectivités, sous forme de conventions de mise à disposition. Cinquante-neuf exploitants sont concernés.

Camille Penet