« Les interprofessions, l’outil permettant de faire face aux crises agricoles » La FNAF, section agroalimentaire et forestière de la CGT en doute. Elle l’écrit clairement dans un communiqué de presse diffusé ce mercredi 10 août 2016. « Force est de constater qu’elles en sont réduites à ne jouer qu’un rôle mineur. Elles devraient être le dispositif organisant la production et les relations entre producteurs agricoles, industriels agroalimentaires et distributeurs. »

Un aval très concentré

Le syndicat pointe du doigt deux phénomènes qui, selon lui, expliquent la situation actuelle. D’une part, la concentration dans le secteur agroalimentaire et celui de la distribution, où « 4 ou 5 centrales d’achat oligopoles font la pluie et le beau temps. Ces stratégies ont profondément modifié les rapports de force. » Et, d’autre part, « le libéralisme de l’Union européenne et la déréglementation de la Pac [qui] ont encore accéléré le mouvement ».

La FNAF enfonce le clou. « « La concurrence libre et non faussée » érigée en dogme par Bruxelles et son gendarme français, l’Autorité de la concurrence, ont interdit tout accord qui touche de près ou de loin les prix. Ce qui arrange bien industriels et distributeurs ! Pas besoin d’interprofession, les grands groupes discutent en direct des conditions d’approvisionnement avec les agriculteurs. [Et ceux qui] détiennent la très grande majorité du marché du lait ou […] sucrier imposent leur condition. »