« La crise que nous traversons a des conséquences humaines et sanitaires dramatiques. Elle aura également des conséquences économiques irréversibles pour les filières agricoles. » C’est ainsi que débute le communiqué de presse conjoint de la FNSEA et JA, en date du 3 avril 2020.

« Réagir de toute urgence »

Face à cette situation, les deux syndicats appellent à « réagir de toute urgence » et estiment que la Commission européenne doit répondre « aux déséquilibres graves du marché ». Ils suggèrent notamment la régulation des volumes ou le stockage privé.

Selon la FNSEA et JA, « les pertes économiques risquent d’être majeures pour certains secteurs, il est donc impératif d’activer dès maintenant les filets de sécurité permettant d’atténuer le manque à gagner pour les agriculteurs ».

Une idée partagée par le Copa (organisme européen représentant les agriculteurs) et le Cogeca (représentants des coopératives européennes), qui ont adressé une lettre à la Commission européenne le 2 avril, par laquelle ils font part de leurs inquiétudes pour le secteur des fruits et légumes.

Problème de main-d’œuvre

« On observe déjà de graves perturbations de la demande pour certains types de production (fraises, légumes, etc.), dans certaines régions ou pour certains clients. La commercialisation des fruits et légumes ainsi que la livraison de ces produits vers les installations de transformation pourraient devenir plus compliquées en raison des problèmes croissants liés à la disponibilité de la main-d’œuvre, au transport des marchandises et au déplacement des personnes ainsi qu’aux modifications de l’offre et de la demande », relatent-ils.

La FNSEA et JA, tout comme le Copa-Cogeca réclament des mesures à la hauteur de la situation. « Nous ne comprendrions pas que la Commission ne propose pas des moyens exceptionnels pour des secteurs stratégiques comme le sont l’agriculture et l’agroalimentaire », martèlent les deux syndicats français. « La Commission doit prendre de nouvelles mesures, car ces décisions façonneront l’avenir du secteur des fruits et légumes pour les mois et années à venir », analysent quant à eux le Copa-Cogeca.

B. Quantinet