Il faudra être plus concret et proposer des actions et orientations pour atteindre l’objectif fixé par la Commission européenne dans son plan pour l’agriculture biologique. Ce dernier, présenté en mars 2021, fixe comme ambition d’atteindre 25 % de surfaces en bio dans l’Union européenne en 2030.

Le Copa et la Cogeca (regroupant 66 organisations représentant les agriculteurs européens et les coopératives agricoles) estiment qu’il faut « une approche solide axée sur le marché, afin de préserver la viabilité économique des agriculteurs biologiques, en évitant de réduire les prix à la production, tout en protégeant les investissements effectués dans le secteur ».

Dans un document publié le 1er juillet 2021, les deux associations formulent leurs propositions concrètes et la « marche à suivre » pour atteindre l’objectif de la Commission. Aujourd’hui seulement 8,5 % des surfaces agricoles sont conduites en bio dans l’Union européenne.

> À lire aussi : Union européenne : Bruxelles veut un quart des surfaces en bio d’ici à 2030 (25/03/2021)

Limiter la concurrence des produits bio non-européens

Ils estiment que faire « la promotion de l’agriculture biologique et de son logo européen sera sans aucun doute une mesure stratégique essentielle ». Mais le Copa et la Cogeca préviennent : « Nous devons veiller à ce que la concurrence croissante des produits non-européens n’entrave pas le développement du marché européen. »

Les deux organisations mettent en avant l’augmentation de la consommation de produits biologiques dans les écoles européennes comme une source de croissance potentielle. Elles demandent aussi que des données « claires, concrètes et complètes » sur l’agriculture biologique et l’évolution du marché soient à la disposition des législateurs, en améliorant la qualité et la quantité des rapports sur le secteur biologique (production, surfaces, importations, exportations…).

Davantage de protéines bio

Pour favoriser la transition des exploitations vers la bio, le Copa et la Cogeca estiment qu’il faut instaurer une chaîne d’approvisionnement des exploitations « solide, juste et efficace ». Or selon eux, 80 % des tourteaux biologiques importés au sein de l’Union européenne proviennent de la Chine.

« Il est absolument nécessaire d’augmenter la production d’aliments protéiques biologiques pour les animaux en Europe, si l’on souhaite soutenir la conversion de l’élevage conventionnel vers l’agriculture biologique », jugent les deux organisations. L’approvisionnement en protéines bio produites sur le sol européen doit être de qualité et en quantité suffisante.

Favoriser la recherche et l’innovation

Enfin, le Copa et la Cogeca considèrent que la recherche et l’innovation dans les secteurs des semences, du biocontrôle et autres substances à faible risque, ainsi que dans le secteur des technologies telles que les solutions numériques et l’intelligence artificielle sont essentielles pour permettre le développement de l’agriculture biologique.

Marie Salset