« Cette loi passe à côté de l’essentiel : le revenu paysan au travers du prix abusivement bas et de l’arbitrage public, deux notions qui auraient dû lui donner un minimum d’envergure et d’ambition », s’insurge Nicolas Girod, secrétaire national de la Confédération paysanne, dans un communiqué du 7 juin 2018. Le syndicat se dit très mécontent des propositions de la loi, qu’il trouve « insipide et si peu révolutionnaire ».

La Confédération paysanne estime cependant que son « travail de propositions a permis d’éviter le naufrage complet ». Elle se félicite du fait que les indicateurs pour la construction des prix seront travaillés par les interprofessions, secondées par l‘Observatoire de la formation des prix et des marges et FranceAgriMer. Elle approuve aussi l’amendement fixant des sanctions plus fortes pour les industriels.

Ne pas oublier la transition agricole

Selon le syndicat, deux amendements permettront « aux paysans d’acter des changements de pratiques » pour aller vers la transition agricole :

  • Le premier permettrait d’expérimenter différentes méthodes d’abattage mobile ;
  • Le second acterait la reconnaissance des préparations naturelles peu préoccupantes (PNPP) « comme des moyens efficaces et crédibles pour avancer vers la sortie du glyphosate ».

Quelques petites victoires, dont la Confédération Paysanne s’attribue le mérite. Mais le travail doit se poursuivre au Sénat dans le mois de juin. « Nous aurons deux objectifs : éviter que le peu de satisfactions que nous avons ne disparaisse et, pourquoi pas, arriver à réintégrer des points centraux », conclut Nicolas Girod.

Marie Salset