« C’est la fuite systématique. On peut même parler d’une obsession de l’évitement dans le cas de Stéphane Travert. » Le président d’Interfel, Bruno Dupont, ne décolère pas. Lors de l’assemblée générale de l’interprofession des fruits et légumes, qui s’est tenue le 19 juin à Paris, il a annoncé ne pas se rendre lundi prochain, au point d’étape sur les plans de filières, organisé par le ministère de l’Agriculture.

D’autres interprofessionsovont suivre

« On a le sentiment d’avoir été floué. C’est pourquoi nous avons décidé d’arrêter toute communication avec le ministère de l’Agriculture sur les États-généraux de l’alimentation. Nous ne sommes pas les seuls, d’autres interprofessions vont suivre », ajoute-t-il le 20 juin 2018, interrogé sur ses motivations par La France Agricole.

Bruno Dupont se dit très déçu face au manque d’écoute du ministère. Il dénonce « la diminution programmée actuelle des fonds Casdar au CTIFL et l’impossibilité nouvelle d’étendre certaines parties des accords interprofessionnels ». Il déplore encore son silence « devant nos alertes lancées sur les risques du refus de l’Éducation nationale de poursuivre nos actions d’information en milieu scolaire ».

« Les meilleurs élèves »… mais à quel prix ?

« Pourtant, nous avons fait notre travail sur les plans de filière, depuis le départ, on peut même dire que nous avons été les meilleurs élèves. Mais, en retour, le ministère ne répond à aucune de nos demandes ». Le président d’Interfel ne comprend pas ce « décalage entre les sollicitations et les décisions des pouvoirs publics et les engagements de la filière ».

« De toute évidence, il semble plus important pour les pouvoirs publics de mobiliser les équipes de l’interprofession sur des questions de gestion et de fonctionnement — au travers d’un double contrôle de la Cour des comptes et d’un contrôle fiscal -, que de répondre à nos demandes répétées de rendez-vous avec le ministre ».

Le dialogue ne reprendra pas, prévient enfin Bruno Dupont, « tant que les pouvoirs publics n’auront pas donné de signes concrets d’écoute pour la mise en œuvre de nos demandes ».

Rosanne Aries