Le ministère de l’Agriculture s’était fixé pour objectif d’accueillir 200 000 élèves et apprentis (ils sont 175 000 cette année) dans l’enseignement technique agricole pour la rentrée de 2022. Pour y arriver, il a lancé en septembre 2019 une réforme des seuils de dédoublement des classes visant à donner plus d’autonomie aux établissements dans l’ajustement de leur offre de formation et d’organisation de leurs enseignements.

Des effets à apprécier sur le long terme

Le CGAAER (1) et l’Inspection de l’enseignement agricole (IEA) ont dressé un premier bilan de cette réforme dans un rapport publié le 3 novembre 2020. Si la réforme a été mise en place « dans des conditions aussi bonnes que possible lors de la rentrée scolaire de 2019 » et que l’érosion des effectifs a été stoppée la même année, il est impossible d’établir un lien entre les deux événements.

« L’ambition de la réforme s’inscrit toutefois dans le moyen et long terme, estiment les deux organismes. Sa mise en œuvre doit s’ancrer dans la durée et se fonder sur des actions qui remettent en cause des habitudes de fonctionnement de l’enseignement technique agricole ».

Une réforme fortement critiquée par les syndicats

La quasi-totalité des syndicats représentatifs des personnels de l’enseignement agricole avaient également dressé de leur côté leur propre bilan de la réforme en créant un « Observatoire des dégradations de l’enseignement agricole ». Ils avaient évoqué le 18 juin des « conséquences négatives de cette réforme sur les conditions d’apprentissage des jeunes et sur les conditions de travail des agents ».

Les syndicats en avaient profité pour demander la confrontation de leurs résultats avec ceux du rapport du CGAAER et de l’IEA afin « d’envisager des mesures correctrices nécessaires comme le ministre s’y était engagé ».

Alexis Marcotte

(1) Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux.