« Plus de la moitié des produits sont principalement composés... d’eau ! Les ingrédients d’origine végétale ne représentent en moyenne que 39 % de la recette », alerte la CLCV, en présentant les résultats de son étude le 28 septembre 2020. Les galettes végétales sont les meilleurs élèves avec 53 %. Le reste est composé de matières grasses, de sels, d’épices et d’additifs.

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Au moins un additif dans 8 produits sur 10

Parmi les 95 produits végétariens et véganes étudiés, « huit produits sur dix contiennent au moins un additif », précise le document. L’association de défense des consommateurs pointe aussi le manque de transparence sur l’origine des ingrédients, avec seulement 19 % des produits qui en précisent la provenance réelle sur leur emballage, « surtout quand une mention telle que “fabriqué en France” ou un drapeau français apparaissent sur l’emballage ».

En outre, consommer ces produits « ultra-transformés » végétaux « n’est pas à la portée de tous les budgets », est-il souligné dans l’étude. Le prix du kilo de « steak » végétal s’élève à 13 euros, contre 10,5 euros pour le produit animal. Et acheter plus cher « ne garantira pas un meilleur nutri-score, plus d’ingrédients d’origine végétale et moins d’additifs », met en garde la CLCV.

Des efforts à faire sur la mention de l’origine

La CLCV insiste aussi sur l’origine des matières premières utilisées pour la fabrication des produits étudiés. « Un tiers [d’entre eux] présente une mention liée à l’origine géographique sur leur emballage. Près de 20 % indiquent l’origine du ou des ingrédients principaux et 26 % le lieu de fabrication du produit. » Le soja est « l’ingrédient phare des recettes des alternatives à la viande : plus de la moitié de notre échantillon en contient ».

Selon la CLCV, son origine n’est pas précisée pour 60 % des produits. Dans 32 % des cas, le soja est français. Il provient de l’Europe pour 2 % des cas et pour 6 % de l’Asie et/ou de l’Europe. L’association demande « aux industriels et distributeurs plus de transparence sur l’origine de l’ensemble des ingrédients » utilisés, « surtout quand une mention telle que « Fabriqué en France » ou un drapeau français apparaissent sur l’emballage. »

Le nutri-score absent des emballages

La CLCV estime que les produits étudiés sont « plutôt bons d’un point de vue nutritionnel ». Selon ses calculs, 83 % d’entre eux décrochent les meilleures, en termes de nutri-score. « Ces notes, nous avons dû les calculer pour la majorité car ils n’indiquaient pas le nutri-score, regrette-t-elle. Nous demandons aux industriels et distributeurs, plus particulièrement les enseignes spécialisées bio qui sont à la traîne, d’afficher le nutri-score sur leurs emballages. »

Pour le Groupe d’étude et de promotion des protéines végétales (GEPV), dire que ces produits sont principalement composés d’eau, « c’est méconnaître un fait très simple : les protéines végétales sont en réalité des farines [...] qui doivent nécessairement être réhydratées pour former des produits alimentaires ».

Quant aux additifs, le GEPV indique dans un communiqué qu’ils sont « utilisés pour des fonctionnalités particulières, en particulier pour donner une texture agréable », et qu’ils répondent aux « normes strictes » de l’Agence européenne de sécurité des aliments.

Éric Roussel, avec l’AFP