La PPE est un outil de pilotage de la politique énergétique de la France, issu de la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte. Le projet portant sur la période allant de 2019 à 2028, initialement présenté en novembre 2018, a connu de nombreux reports et s’est fait attendre pendant des mois.

La dernière version a été proposée à la consultation publique le lundi 20 janvier 2020 sur le site du ministère de la Transition écologique et solidaire. Les réactions ne se sont pas fait attendre : l’association France Gaz renouvelables et le syndicat des professionnels de l’énergie solaire Enerplan ont réagi par communiqué de presse le 21 janvier 2020.

Biogaz : une satisfaction partielle et un cadre décrié

L’association France Gaz renouvelables rassemble de nombreux acteurs de la filière et fait la promotion des gaz verts dans le mix énergétique français. Si elle se réjouit de la hausse de l’enveloppe du soutien public sur la période de 2019 à 2028 (9,7 milliards contre 7,9 dans la version précédente), elle regrette certains arbitrages. Ainsi, les objectifs de production de biogaz sont conditionnés à une réduction de coûts jugée inatteignable.

Le document officiel parle actuellement d’un coût de l’ordre de 95 €/MWh et mise sur une diminution de ce montant à 75 €/MWh pour 2023 et 60 €/MWh pour 2028. Il précise que « si ce prix moyen n’est pas atteint, les volumes alloués seront réduits afin de ne pas dépasser le niveau de dépense public visé ».

La filière a été partiellement entendue sur la difficulté que représente la baisse des coûts. Les tarifs de rachat baisseront progressivement, de 2 % par an. Elle regrette cependant vivement que le gouvernement « fasse porter au tarif des baisses pouvant aller jusqu’à 14 % en fonction des intrants ».

Solaire : une ambition saluée mais des mesures attendues

Le document publié par le gouvernement confirme la montée en puissance des appels d’offres photovoltaïques annoncée dans la version précédente. Ce rythme serait de 2 GW par an pour les centrales solaires au sol et de 900 MW par an pour les toitures. Le syndicat des professionnels de l’énergie solaire Enerplan salue les ambitions de développement d’une « énergie décentralisée […] qui favorisera le développement de l’économie des territoires dans lesquels elle est profondément ancrée ».

Son président, Daniel Bour (réélu pour la sixième année consécutive à l’unanimité cette semaine), attend désormais des mesures pour favoriser l’autoconsommation et développer le système des moyennes toitures. Il demande leur « libération du carcan des appels d’offres, inadaptés à leur taille réduite ». De nombreuses toitures agricoles entrent dans cette catégorie, correspondant à une puissance de 100 à 500 kW.

Gildas Baron