Les promoteurs de la méthanisation n’ont de cesse de mettre en avant ses atouts environnementaux, tandis que les opposants pointent constamment du doigt les risques et impacts négatifs. Ce schéma classique concerne de nombreuses filières aujourd’hui, notamment dans les énergies renouvelables.

En juge de paix, des chercheurs de l’Inrae, mandatés par GRDF (Gaz réseau distribution France) ont publié le 24 novembre 2021 un bilan environnemental sous forme d’une étude ACV (analyse du cycle de vie) du biométhane issu des résidus agricoles.

Un meilleur bilan pour l’élevage

Les impacts environnementaux de plusieurs scénarios ont été observés suivant seize indicateurs. La méthanisation a impacté positivement sept indicateurs pour le scénario « culture » et neuf pour le scénario « élevage ». La contribution au changement climatique serait ainsi de 60 à 85 % plus faible dans les scénarios avec méthanisation. Sur cinq indicateurs, les écarts n’étaient pas significatifs. Quelques indicateurs ont vu des performances en retrait, notamment pour l’épuisement des ressources métalliques et minérales ou pour l’eutrophisation des eaux douces pour le scénario « culture ».

Comparaison de deux systèmes équivalents

Ce bilan de presque deux cents pages intègre trois fonctions assurées par la méthanisation agricole :

  • la production d’énergie,
  • la gestion des effluents
  • et la fertilisation des sols.

À chaque fois, les comparaisons ont été faites entre deux systèmes complètement équivalents, l’un avec méthanisation et l’autre sans. Le scénario sans cette technologie comprenait donc les impacts environnementaux de l’utilisation de gaz fossile et des engrais traditionnels en lieu et place du biométhane et du digestat. Il comprenait aussi les effets d’une gestion classique des effluents.

Les Cive mises en avant

Le potentiel de mobilisation des Cive (cultures intermédiaires à vocation énergétique) répond par ailleurs à d’autres objectifs de services écosystémiques tels que la lutte contre l’érosion, le piégeage de nitrates ou encore le stockage additionnel de matière organique et de carbone dans le sol grâce aux racines, chaumes et au retour au sol des digestats.

La question de la gestion de la ressource en eau que posent les Cives dans certaines régions est néanmoins soulevée, tout comme l’importance de leur compatibilité avec un maintien de la production alimentaire.

Gildas Baron