L’agriculture fait partie des secteurs où la baisse des contrats de professionnalisation est la plus forte : –10 % en un an, selon les chiffres publiés le 7 juin 2021 par la Dares, le service de la statistique du ministère du Travail. En moyenne, en France la même année, la baisse des embauches en contrat de professionnalisation atteint 7 %, tous secteurs confondus, ce qui constitue une première depuis 2014.

Professionnalisation et apprentissage

En agriculture, cette baisse de 2019 suit une hausse de 10 % l’année précédente mais la tendance pluriannuelle reste baissière, à l’opposé des autres secteurs, puisque les employeurs agricoles avaient signé 1 812 contrats en 2012 et ils n’en signent que 1 038 en 2019.

D’une façon générale, la baisse affecte principalement les candidats de moins de trente ans, qui ont aussi la possibilité de recourir à l’apprentissage (–9,7 % pour les moins de 26 ans et –11 % pour la tranche des 26-29 ans). Au contraire, les embauches des personnes plus âgées sont en progression (+6,9 % pour les 30-44 ans et 9,6 % pour les plus de 45 ans).

Une alternance en entreprise et en formation

Le contrat de professionnalisation a pour objectif de permettre d’acquérir une qualification professionnelle ou de compléter la formation initiale par une qualification complémentaire. Il vise à mieux faire correspondre l’offre et la demande de compétences. Il s’adresse aux jeunes de 16 à 25 ans, qui restent toujours la nette majorité des bénéficiaires, aux chômeurs de plus de 26 ans et aux bénéficiaires de dispositifs sociaux (CUI, RSA, etc.).

Le contrat de professionnalisation alterne la présence en entreprise et les périodes de formation. Tout employeur privé assujetti au financement de la formation professionnelle continue peut embaucher une personne en contrat de professionnalisation. Un peu moins de 219 000 contrats de ce type ont été signés en 2019.

L’agriculture est modeste employeuse de professionnalisation

L’agriculture ne représente que 0,5 % des entreprises employeuses de contrats de professionnalisation. L’essentiel des employeurs, plus de 80 %, se trouve dans les services (principalement les commerces et le soutien aux entreprises). Le recul des entrées par ce type de contrats est très marqué chez les employeurs de moins de quatre salariés (–28 %) et chez les entreprises de moins de dix salariés (–5,5 %). Inversement, elles augmentent dans les entreprises de plus grande taille.

Les contrats de professionnalisation conclus en 2019 durent en moyenne un peu plus de treize mois et sont conclus en majorité sous la forme de contrat à durée déterminée. Le salaire moyen à l’embauche, quels que soient l’âge du bénéficiaire et son diplôme préalable, est de 1 363 euros par mois.

Éric Young