Face à l’épidémie de coronavirus qui empêche la main-d’œuvre saisonnière étrangère de venir travailler sur les exploitations françaises, le gouvernement a annoncé le mardi 24 mars 2020 que les règles d’accès à l’emploi allaient être assouplies. « Il est nécessaire qu’en cette période de début de printemps, les agriculteurs et l’ensemble de la filière agroalimentaire puissent compter sur des renforts », indique le communiqué de presse conjoint des ministres de l’Économie, de l’Agriculture et du Travail.

Plateforme spécifique

Les trois ministères annoncent la création d’une plateforme spécifique dont l’accès sera « simplifié pour les candidats comme pour les entreprises concernées ». Pôle Emploi devrait jouer un rôle central, en « proposant aux employeurs qui le souhaitent, de prendre en charge la présélection des candidats ».

Compatible avec le chômage partiel…

Les salariés dont l’entreprise subit une baisse d’activité et qui sont en situation de chômage partiel pourront être embauchés sur une exploitation, tout en continuant à percevoir leur indemnité d’activité partielle. La seule obligation est d’obtenir l’accord de l’employeur dont l’activité est perturbée.

… et avec le fonds de solidarité pour les petites entreprises

Les bénéficiaires du fonds de solidarité pour les petites entreprises pourront percevoir le versement des 1 500 euros promis par le gouvernement, tout en allant travailler pour des agriculteurs.

Dérogation sur le temps de travail

Le gouvernement a également déclaré la mise en place d’une dérogation à la durée du temps de travail pour certains secteurs, dont l’agroalimentaire. Il sera possible pour les salariés de réaliser 60 heures par semaine, contre 48 heures actuellement. La moyenne de 44 heures par semaine sur 12 semaines passera à 46 heures. Un décret et un arrêté doivent être pris pour que ces modifications deviennent effectives.

Un guide pour protéger la santé des salariés

Les trois ministères insistent sur le fait que la protection des salariés est « la priorité absolue » et que le ministère du Travail va établir un guide pratique à destination des exploitations pour donner des solutions concrètes et opérationnelles pour garantir la sécurité des salariés.

Tous ces dispositifs incitatifs suffiront-ils pour que les personnes disponibles se déplacent jusque dans les fermes, alors que le mot d’ordre de l’État est le confinement ?

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Bertille Quantinet, avec l’AFP