Elles sont âgées de 18 à 24 ans et n’ont pas les mêmes chances, selon qu’elles vivent à la ville ou à la campagne. C’est ce que révèle une enquête nationale menée sur les jeunes femmes en 2014, par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) et de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee)

Précaire, à toute heure

Parmi les jeunes femmes occupant un emploi, 41 % de celles qui vivent en zone rurale exercent ainsi un travail précaire (contrat à durée déterminée, contrat aidé, contrat d’intérim), contre 34 % de celles vivant en zone urbaine. De plus, l’emploi qu’elles occupent présente des horaires irréguliers : 30 % des jeunes rurales n’ont pas d’horaires fixes de travail, contre 24 % des jeunes urbaines.

Seule équité : à l’issue de leurs d’études, elles accèdent aussi souvent à un emploi que les jeunes femmes urbaines. Mais elles en trouvent un moins souvent que les hommes (59 % contre 64 %), ce qui n’est pas le cas en zone urbaine (61 % contre 59 %).

Gagner la ville

On comprend alors pourquoi, parmi les jeunes adultes de 18 à 24 ans vivent en territoire rural 45 % sont des femmes, contre 50 % en milieu urbain. Cette sous-représentation peut en effet s’expliquer par le fait que les jeunes femmes en milieu rural quittent leur territoire d’origine plus souvent que les hommes, au moins de façon temporaire, notamment pour leurs études.

Dernier volet de l’enquête : les jeunes femmes des territoires ruraux vivent plus souvent en couple, à âge identique, qu’en milieu urbain. Elles déclarent aussi souvent des dépenses pour leurs loisirs, mais davantage pour des activités sportives et deux fois moins pour voyager à l’étranger. Dans le même temps, elles expriment moins souvent le sentiment de se priver par rapport aux loisirs que les jeunes femmes urbaines.

Seulement un quart des jeunes adultes de 18 à 24 ans vivent aujourd’hui en territoire rural.

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Rosanne Aries